« Pour savoir renaître, il faut savoir mourir ».
En théorie, et, à l’instar du phénix qui renaît de ses cendres, une société ou un individu a besoin, après une dépression, de belles et solides matières, nouvelles et renouvelables, pour, non seulement modifier l’ancien état d’être, mais aussi, pour construire et accepter le nouveau. En bref, un travail sur soi, nécessaire au développement. Dans la pratique, l’Histoire nous montre que ce sont plutôt les schémas reproducteurs qui ont été utilisés par les hommes, guidés davantage par leur instinct de survie que par les étoiles. Mourir à soi-même ne signifie pas tuer les autres, et pourtant…
Ah, la Renaissance! Cette époque, qui nous a sortis de la féodalité pour nous plonger dans l’ère industrielle, a vu le peuple renaissant se donner des impressions de renouvellement, en coupant les têtes de ses saigneurs et des traîtres. Les esclaves d’hier sont devenus les tyrans d’aujourd’hui. Tenant pour acquis que chaque société, entreprise, famille, a besoin d’un chef, les 150 dernières années ont vu se renouveler une succession de colonisations, de conflits, de négociations et d’accords en tous genres entre personnes convenables et instruites, qui ont toujours réussi à prendre le dessus sur le peuple. Ce peuple, pourtant de plus en plus éduqué, cultivé, voire élevé au rang de premier, leur a néanmoins confié la tâche de construire un modèle. Ceux qui ont pris consciemment et constamment les premières places l’ont bien compris. De nos jours, ils donnent du renouveau en contraignant, sur tous les fronts nationaux, les citoyens, qui, par peur économique, sociale ou idéologique, se résignent à accepter le changement qui n’est pourtant qu’une reproduction des anciennes constantes sociétales.
Le renouveau dans la continuité est moins effrayant pour celui qui n’a pas peur du vide.
Flauberd



