
C’était le jour des portes ouvertes, tout le monde était sur le pont pour accueillir, faire visiter et expliquer, il pleuvait bien, dru et régulièrement, la bière (faite sur place, avec de l’orge cultivée sur place et maltée à Montauban…) était bonne, le magasin était bien approvisionné, bref revenons à nos cochons.
Près de l’étable, dehors, deux superbes bêtes vaquaient à leurs occupations autour d’un arbre magnifique, mais, m’a-t-on dit ultérieurement, ces deux porcs sont hors commercialisation, car trop bien nourris : avec les déchets de cuisine, entre autres, ils sont réservés à la consommation interne de la ferme !
Les « vrais », bien blanc-rose, étaient dans l’étable, dans deux box, j’ai donc vu d’abord 10 petits cochons bien propres sur paille et terre battue, et ensuite 8 gros environ…
Ils sont une trentaine sur trois ans.
Leur alimentation : on leur donne du méteil qui est une combinaison céréale (blé « triticale ») pour l’énergie, et pois/protéagineux (= légumineuses) pour les protéines, qui sont cultivés sur place. Cette combinaison permet de rentabiliser les surfaces cultivées ; en effet l’azote est le principal nutriment des plantes, elles le captent en général dans le sol. C’est le cas des céréales ; par contre les légumineuses captent l’azote de l’air. Sept hectares sont consacrés à l’alimentation des cochons.
Ensuite on leur donne aussi la « drèche » de la brasserie, c’est-à-dire les restes d’orge, le « son », c’est-à-dire les restes de blé, et le « petit-lait » de la fromagerie, c’est-à-dire la partie liquide non utile de la fabrication des fromages.
Donc : ces données techniques vous sont offertes juste pour souligner que 100 % de la nourriture est produite sur place et récupérée des autres activités de la ferme. Tout en bio.
(Pour info : en agriculture conventionnelle, qui concerne une grande partie de la viande de porc vendue en grande surface, on nourrit les cochons avec du soja OGM — du Brésil par exemple —, agrémenté de Roundup, bien sûr, c’est contractualisé avec l’achat des semences.)
Les petits cochons arrivent d’un élevage bio, situé à Flavignac, à quarante-deux jours, et sont abattus à Limoges, entre sept et douze mois, et la découpe est faite à la CUMA de Saint-Yrieix-la-Perche.
Ils sortent –— vraiment — tous les jours ! Dans un parc extérieur, avec rotation pour éviter le parasitisme, donc un tiers de la surface des enclos est occupé au fur et à mesure…
En bio : le parc est enherbé, les cochons mangent l’herbe puis… ils creusent ; mais pas trop puisqu’ils sont nourris dans l’étable matin et soir (voir ci-dessus le menu de ces messieurs-dames).
Au sol : tout est nettoyé, vidé trois fois par an, et de la paille arrive tous les quinze jours-trois semaines.
Les soins antibiotiques existent en bio… mais ne sont pas administrés en préventif, ils ne sont donnés que lorsque les bêtes sont malades : donc concrètement depuis deux ans que l’élevage existe, un seul cochon a eu besoin du vétérinaire de Saint-Yrieix-la-Perche…
Voilà les infos données gracieusement par Maxime pendant la visite et par Clémence, la responsable de l’élevage porcin et du fromage.
Seule nouvelle triste : pas de saucisson à la ferme de La Tournerie ! Que des caissettes de 5 kg, avec un assortiment de rôtis, côtes, escalopes, ventrèche, saucisses et chair à saucisse, et éventuellement conserves et bocaux (confits, pâtés…). Bon, à plusieurs, on peut aller chercher une caisse un de ces jours… prévenez-moi, Cyril a mis mon nom directement comme auteur de l’article.
Christophe Rastoll




