
Retour sur un séminaire à Brivezac
par MCBee
Ce numéro que vous tenez chaleureusement (nous l’espérons) entre vos mains, est le numéro vingt-huit d’une série parue à régularité millimétrée. Journal dans un premier temps hébergé par le Lot en Action (feu le journal local lotois), puis indépendant sous le nom de la Trousse corrézienne.
Vingt-huit numéros durant lesquels nous nous sommes efforcés de partager avec vous une actualité, des sujets, des points de vue qui nous semblaient relayer une vie locale, ce qui nous entoure, nous lie ou nous éloigne. En vingt-huit numéros l’équipe du journal a évolué voyant ses rangs fluctuer, certains sièges restent pourtant toujours occupés par les mêmes passionnés. Quant à la société, nul besoin de vous faire un tableau. Ce numéro que vous tenez chaleureusement (nous l’espérons vraiment) entre vos mains refroidies par l’hiver, vous paraît sûrement tout petit-tout fin au vu de l’actualité brûlante de notre hexagone. Le passage à la nouvelle année est l’occasion de formuler nos vœux les plus chers dans l’espoir d’enfin changer absolument tout ce qui ne va plus dans nos vies (comme on est foufous, nous l’espérons vraiment vraiment beaucoup). C’est pourquoi nous, les trousseux, avons ambitieusement décidé de rendre l’année 20/20 l’année bleue, l’année de la note parfaite, l’an de grâce Deux Mille Vingt et pour ce faire l’année de la mutation de La Trousse (pour en savoir plus sur cette nouvelle Trousse à venir, cf. article page suivante). Qui dit nous dit collectif. Qui dit collectif dit somme d’unités, de points de vue, de besoins et d’envies… Dieu sait (!) qu’il est difficile de contenter tout le monde et de réaliser une forme collective qui conviendrait à une majorité, de plus si on l’espère absolue ! Il nous semblait donc essentiel pour mettre à plat notre travail de nous isoler quelques jours dans un lieu inspirant, accompagnés par des personnes extérieures nous permettant de sortir de nos systématiques, d’ouvrir de nouvelles perspectives et de penser ensemble un projet qui serait le plus commun et le plus réalisable possible. Nous avons pour cela fait appel à l’équipe de Nomadways qui nous a accueilli à Homade, son lieu situé à Brivezac (2) les 9, 10 et 11 novembre derniers. C’est Anne Merlin, membre de cette même équipe qui a joyeusement et méthodiquement accompagné celle de la trousse durant ces trois jours de séminaire. Ce temps nous a été précieux et nous la remercions pour sa réactivité, la qualité de ses propositions et de son écoute. L’invitation à s’impliquer activement dans La Trousse en participant à ce séminaire avait été faite à l’ensemble des contributeurs réguliers (ceux qui dessinent, écrivent et/ou corrigent le journal) mais ne furent finalement présents que les membres du noyau dur : Cyril, clé de voûte du journal, membre fondateur, tout premier et seul salarié, animateur, maquettiste, trouveur de bonnes idées qu’on attendait plus, boucheur de trous, maître du temps et des lieux et j’en passe, bref multi-tâches, Charlotte qui prendra en partie et en chantant sa place en mars prochain, Didier maître des mots et détrousseur de sujets chauds, Marie-Laure membre actif s’il en est, experte en chiffres qu’ils soient en tableau, en diagramme voire en concept pur, Philippe autre membre fondateur, monsieur vert, monsieur calculs et bilans et monsieur rêve, poème et tombe à pic, Marie autre membre de la première heure, maître culotte et correction de fautes orthographiques, Stéphane tout nouveau venu mais déjà passionnément impliqué, Brice présent malgré les apparences et pertinente oreille et enfin Marie-Cerise, évanescence même, celle qu’on n’attend plus mais qui finalement est là puis pas là, puis là, puis plus là. Bref ! Tout ce joyeux petit monde s’est donc retrouvé dans les murs de Homade trois jours durant, partageant repas, dortoir et froid glacial. Collés au poêle et guidés par Anne, nous avons passé à l’entonnoir nos rêves de Trousse idéale, orientés travaux après travaux vers l’huile essentielle de La Trousse afin d’aboutir aux décisions décisives (prises, chose incroyable mais vraie, à l’unanimité et sans une seule dent cassée), passation de poste, remise en cause des modes opératoires, réorganisation du travail, mise en commun des envies qui nous permettent aujourd’hui de vous faire part du bébé Trousse à venir. Nous avons du pain sur la planche (d’où ce numéro vingt-huit que nous nous sommes permis de vous proposer tout petit-tout fin afin de nous concentrer sur la réorganisation du journal) pour mettre en pratique et concrétiser ce dont on a rêvé pour l’avenir de cet ouvrage qui ne vous en sera que plus chaleureux (parce que l’espoir ne tue pas, nous l’espérons vraiment de toutes nos forces… ! Smiley, smiley, smiley, cœur, cœur).
1 – rêves faits de points luminescents et éclairants montrant le chemin à travers les forêts sombres de la presse indépendante
2 – cf. La Trousse corrézienne juillet/août 2019
Une trousse toute neuve à la rentrée
PAR DIDIER BERTHOLY
Moins d’un millier de lecteurs consacrent trois euros tous les deux mois pour lire un journal profanateur qui dit souvent ce que d’autres taisent, qui grattent où c’est pas toujours agréable, qui croque-morts et vivants en deux coups de crayon, qui pisse parfois de rire sur les plates-bandes dessinées mais qui ne satyre pas encore trop d’ennuis pour autant 1. D’ailleurs, l’ennui, on ne connaît pas, à La Trousse…
Autant le dire tout de suite à ceux qui ne veulent pas dépenser 3 balles pour ce canard-omnivore-capable-de-bouffer-du-bio-et-du-pas-bio, ceux-là même qui profitent de leurs courses à la Biocoop pour lire quelques articles en passant (j’en connais), le prix ne baissera pas. Mais il n’augmentera pas non plus. Je veux dire, pas dans l’immédiat, et ça n’a rien d’une promesse de campagne. En revanche, il y a des choses qui diminueront, d’autres qui augmenteront.
Ce qui augmentera, pour commencer. À coup sûr, le nombre annuel de numéros. On a pensé aux adeptes de la biodynamie, aussi la Trousse paraîtra à chaque lune. Ou presque car aux solstices d’hiver et d’été, les forces cosmiques risquent de faire figer l’encre. (Bon, je crains d’avoir déjà perdu le tiers des lecteurs).
Ce qui augmentera aussi – peut-on le conjecturer ? – c’est le nombre de contributeurs (auteurs et illustrateurs) et de sources : disons les informateurs même (et surtout) mal intentionnés, les indics, les taupes et autres nuisibles en somme, toujours indispensables à la biodiversité. Et tout ça devrait (encore) accroître la qualité de La Trousse devenue quasi-mensuelle et, par voie de conséquence, développer le lectorat. À La Trousse, si on ne dort pas debout, on rêve éveillés.
Ah ! J’allais oublié quelque chose qui augmentera, c’est à peu près certain : le stress de l’équipe à l’approche de chaque nouvelle parution ! Ce qui diminuera ? Le stress de l’équipe juste après chaque nouvelle parution.
À part ça, je ne vois pas. Ah ! Si. Deux choses encore, mais c’est du détail. Le format passera de 42 cm X 29 cm à … un peu plus petit mais peut-être, enfin, on espère, avec un papier de meilleure qualité. Quant au nombre de pages, il sera quelque part entre celui du numéro que vous lisez présentement et les 32 actuelles. Ça permettra peut-être aux paresseux du bulbe de lire le journal jusqu’au bout.
Ce qui diminuera peut-être aussi, c’est la distance qui nous sépare de notre imprimeur. Pour l’heure, la Trousse est imprimée en Espagne (d’accord, en Catalogne, mais tout de même). On ne désespère pas de trouver aussi bien, pas plus cher et pas trop loin.
Un dernier mot sur les intentions de l’équipe de la Trousse pour cette nouvelle formule : il s’agira de conforter la place de l’information locale tout en donnant plus d’espace aux sujets à caractère social. Nous souhaitons aussi publier des portraits de personnes assignées à résidence dans l’anonymat de nos villes et de nos campagnes. Et nous presserons toujours les irremplaçables dessinateurs à poser sur chaque page de petites bombes d’humour et d’ironie pour qu’elles pètent au nez des tricheurs, des menteurs, des pollueurs, des imposteurs et autres maîtres en tartufferie.
Voilà. Il ne vous reste plus qu’à patienter quelques mois. En attendant, ne lâchez rien et surtout pas La Trousse, même si vous vous la coulez douce en sirotant une petite mousse de blonde ou de rousse ! Et que, pour l’hygiène de tous, toujours poussent coquelicots et mauvaises herbes dans les pages de La Trousse !
1 – De Noël à l’Épiphanie, temps et jeux de mots pourris (dicton frison).





