
Que c’est bon de se laisser caresser par un rayon de soleil ! En ce matin de novembre l’atmosphère est chargée d’humidité, mais le soleil résiste et c’est fort agréable. Avant de partir, je vais faire comme j’en ai l’habitude, un petit tour dans le jardin. Les feuilles des fraisiers que j’ai mises dans des jardinières commencent à rougir, les dernières fraises loin d’être mûres ont eu la visite de gastéropodes qui semblent s’en être régalés ! En descendant l’escalier, je peux voir les grands bacs dans lesquels la rhubarbe, chère au palais de mon nordiste compagnon, s’épanouit, mais aujourd’hui, elle se prépare à hiberner, les dernières et rares feuilles sont jaunes et toutes « mouligasses » comme dirait notre amie provençale. Les noisetiers laissent tomber les feuilles jaunes qui se balancent au gré du vent. La consoude que nous avons plantée au printemps a complètement disparu, puisse t-elle repousser au printemps, mais sur notre
terrain caillouteux ce n’est pas certain. Tout en flânant je réfléchis, en rentrant de promenade, il faut que je fasse la crème au chocolat et au gingembre. J’ai tous les
La Trousse corrézienne N°10
ingrédients, du chocolat noir sans sucre, du sucre roux, des œufs de la ferme, du lait cru et un rhizome de gingembre au congélateur. Depuis que Philippe m’a dit : « Je congèle le rhizome du gingembre, et quand j’en ai besoin, je le sors, je râpe la quantité nécessaire et je le remets au congélateur illico presto », je fais de même, c’est très pratique, je n’en gaspille plus et j’en ai toujours sous la main par contre avant de congeler, je tranche des lamelles que je mets dans une petite boîte à part. Je pars marcher, le chemin est plein d’ornières, des motos-trials ont dû passer par là. J’avance un sac papier à la main, je vais cueillir quelques plantes sauvages pour faire une petite salade. Les couleurs sont superbes, le soleil et la brise jouent avec les feuilles, c’est magnifique, quelle chance j’ai d’habiter une si belle campagne, bien sûr il y a des inconvénients, mais sachant que l’on ne peut pas tout avoir, mon choix est fait : le causse.



