Les bits sont nés dans années 50, ils étaient très goinfres en énergie et résidaient à quelques uns dans des palais construits sur mesure. Aujourd’hui votre téléphone en accueille plus que n’importe quel temple construit à cette époque en leur honneur.
Longtemps ils fuirent les foules et restèrent confinés, dans les labos. C’est dans les années 60 qu’il commencèrent leur colonisation de la terre. D’abord avec les entreprises de grande taille, le seules à pouvoir se payer ce luxe.
I.B.M. fut le grand bénéficiaire de ce premier pas. Bon ils avaient un peu bossé pour les nazis mais c’était il y a longtemps et puis après tout, Von Braun, un des pères des V2, allait se racheter en envoyant le premier homme sur la lune, pourquoi pas I.B.M ?
Puis vint Intel, vous savez, c’est probablement écrit sur votre ordi : « Intel Inside ». En 1971, Intel, sortit son premier microprocesseur. On pouvait enfin construire un ordinateur qui n’avait pas la taille d’une armoire normande. Eh oui, avant l’édifiante saga que je vais vous conter ces petites bêtes étaient appelées micro- ordinateurs. À la toute fin des années 70 et au début des années 80 ils proliférèrent. Il y en avait de toutes sortes, ils ne parlaient pas la même langue et pour la plupart n’étaient que des gadgets à la mode pour bobos friqués.
Nous sommes en 1981 et I.B.M. constructeur géant, d’ordinateurs géants, pour entreprises géantes se lance dans la fabrication de micros ordinateurs. Ils s’appellent : P.C. Pour Personnal Computer. Mais si I.B.M. maîtrisait la partie matérielle il n’était pas décidé à fabriquer aussi le système d’exploitation : trop compliqué, trop cher. D’où un appel à la sous traitance.
Et devinez qui fut choisit ? Eh oui ! Microsoft, la boite de Bill Gates, aujourd’hui homme le plus riche du monde. La souris n’existait pas,encore moins les web cam et autre scanner, les écrans n’affichaient que du texte en noir et blanc et les machines avaient un puissance ridicule, mais elles se répandirent comme une traînée de poudre dans les entreprises et Bill Gates tel une rock star, empocha les royalties sur chaque machine vendue.
Il faudra encore attendre la 2ème moitié des années 80, la sortie du 1er Mac et celle du Windows 3 pour que les petites bêtes commencent à se répandre dans le grand public. La souris était arrivée mais pas encore internet et la diffusion resta relativement confidentielle. Que faire d’un ordinateur personnel ? On ne pouvait même pas écouter un disque, encore moins regarder une vidéo, et les appareils photo utilisaient encore de bonnes vielles pellicules. Le traitement de texte et quelques jeux simplissimes, et au graphisme grossier, dont le mythique Pacman étaient à peu près les seuls usages possibles.
Le prochain épisode vous fera vivre l’arrivée d’internet, et comprendre comment Bill Gates, après être devenu le maître du monde, se fera piéger par Google.
« encadré
La loi de Moore
En 1975 Gordon Moore, un des fondateur de Intel, prédisait que le nombre de transistor sur un microprocesseur allait doubler tous les 2 ans à coût de fabrication égal. Cette loi empirique s’est vérifiée jusqu’à aujourd’hui. La puissance de nos braves PC et autres smartphones ne cesse d’augmenter de façon exponentielle.
De la puissance mais pourquoi ?
D’une part, bien souvent l’utilisateur ne ressent pas cette augmentation et cela pour plusieurs raisons.
D’abord l’humain ne perçoit pas la différence entre un temps de réponse de 1/10ème de seconde et de 1/100ème de seconde. Pour des applications industrielles cela peut être crucial mais pour l’humain…
Ensuite les logiciels sont de plus en plus lourds. Des fonctions, le plus souvent inutiles pour le commun des mortels sont ajoutées. Quel pourcentage des possibilités de votre traitement de texte utilisez-vous ? 10 % ? 20 % ? Même chose pour votre logiciel de retouche photo ou même votre lecteur vidéo.
Il y a malgré tout un intérêt à cela. Un intérêt pour les constructeurs qui peuvent vendre des machines de plus en plus puissantes et aussi une forme de confort pour les développeurs qui n’ont plus à se soucier d’optimisation.
Et si votre super ordi I7 16G de Ram, disque SSD, et tout le tralala n’avait pour seule raison d’être que d’engraisser Intel, Microsoft, Adobe, et quelques autres ? Sans parler de l’impact écologique du processus. »
Brice Gauthier




