Notre monde souffre du mésusage de la communication. A l’heure où ça communique à tour de bras, où les opinions ne se font même plus l’écho d’une vraie sincérité, où nous vivons entourés d’un galvaudage d’informations , où les effets de mode dénaturent la réelle intention des messages, il existe encore des zones protégées qu’il est possible d’investir pour pratiquer et s’entraîner à une communication authentique. Les relations interpersonnelles sont de fragiles espaces auxquels il est bon de s’intéresser, ainsi qu’à de nouvelles façons d’être et de faire.
Déclinaisons multiples
Les rayons des librairies débordent d’ouvrages pour apprendre à communiquer. Il suffit de s’y intéresser sur la toile pour trouver une flopée de liens qualifiant chacun à leur manière de nouvelles façons de communiquer : communication bienveillante, non-violente, authentique, positive, respectueuse … on y parle d’assertivité, de règles souples, de limites, de cadre clair, d’écoute, de compréhension mutuelle, de respect de chacun, de l’efficacité des messages simples, de stratégies, de non-verbal, d’attitudes et de postures … A ceux qui s’y intéressent, les publications, blogs et forums sont à disposition pour réfléchir, trouver des clefs et des astuces pour améliorer sa communication aux autres. Dans tout ce panel de ressources, j’ai essayé d’en extirper la substantifique moelle. Tâche difficile pour y voir plus clair et pour rassembler en quelques lignes deux pistes à approfondir qui vous mèneront vers d’autres approches.
De Rogers à la CNV
Toutes ces méthodes puisent en partie leurs sources dans ce qu’apportaient déjà les travaux de Carl Rogers, sur la nécessité de « l’expérience d’une communication interpersonnelle véritablement partagée ». Avec lui l’écoute active a quitté la sphère de la thérapie pour gagner du terrain sur le monde de l’éducation et de la communication. A sa suite, Marshall B. Rosenberg a mis au point les principes essentiels de la Communication Non-Violente. Son livre, Les mots sont des fenêtres, permit l’élargissement de ce courant à un vaste public. Puis Thomas d’Ansembourg avec son livre Cessez d’être gentil soyez vrai , permit à ses idées de se propager un peu plus. Selon le site officiel de la CNV, elle est « un processus de communication pragmatique et efficace, qui permet d’être clair, cohérent et congruent dans la communication, tout en étant ouvert et dans la compréhension de l’autre. Cette approche favorise la coopération et la résolution de conflits ». Ecoute et expression des besoins, empathie, coopération harmonieuse et respect, sont les aides conscientes de cet outil de communication. Elle permet de sortir des pièges d’une pensée binaire : soit je m’affirme et je néglige l’autre, soit je respecte l’autre en me négligeant. Elle pousse à identifier les manières nocives d’expression des besoins : mur de silence, plainte, claquement de portes, colères … pour apprendre à formuler ensuite des demandes claires.
Les ateliers Faber et Mazlish
La cellule familiale est le laboratoire idéal pour tenter de trouver d’autres façons de communiquer, de s’entraîner à les développer avec les enfants. C’est ce qu’ont vécu ces 2 mères de famille (Adèle Faber et Elaine Mazlish) dans les années 60 et qu’elles ont décidé de transmettre dans une méthode relationnelle simple et accessible pour assainir la relation parents-enfants. Les habiletés de communication proposées dans Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent sont mises en pratique au fil de rencontres-ateliers proposés partout dans le monde : accueillir les émotions, susciter la coopération, remplacer la punition, encourager l’autonomie, compliments et estime de soi, …
Isabelle Lequitte enseigne cette approche dans notre région. En participant à ces ateliers, j’ai découvert une manière de me mettre en route vers plus d’authenticité. D’ateliers en ateliers, j’ai mis en pratique des outils simples et faciles, j’ai assisté aux changements des participants, j’ai compris qu’il suffisait de peu pour maintenir une relation de qualité basée sur la confiance et la complicité : le maintien du lien est l’essentiel. Faire obéir, maltraite la relation et impose une forme de domination dans laquelle aucun climat de confiance ne peut s’épanouir.
De l’inachevé à l’exploration personnelle
Voilà ce que je peux vous communiquer aujourd’hui en quelques mots, au risque de ne pas avoir tout dit, mais d’avoir peut-être suscité l’envie de puiser dans toutes ces ressources. Si nous souffrons parfois de vivre dans un monde si confus et hypocrite, il est toujours possible de travailler sur notre clarté intérieure pour mieux communiquer. Ces différentes approches nous apprennent à parler en notre propre « je », à vérifier nos ressentis, à apprendre à les dire, à oser faire des demandes. Nous pouvons chacun devenir des artisans de paix en apprenant à maîtriser nos façons de communiquer.
Ressources en Corrèze :
www.lesptitsbouts19.fr – ptitsbouts19@yahoo.fr – 06 18 65 15 48
www.isabellelequitte-accompagnement.fr – i.lequitte@yahoo.fr – 05 55 54 94 80
Yoéva




