
J’éclate d’un grand rire sonore, en essuyant la table du petit déjeuner. En coupant mes tartines, j’ai bien vu s’échapper du pain des miettes d’univers. Elles se sont placées sur la nappe comme par magie pour me questionner sur la nature du temps. Je me suis assise pour réfléchir. Contemplant la courbure de l’espace-temps dans ma tranche de pain, j’ai posé mon esprit essayant d’y décrypter le code secret de l’histoire de l’univers. Mes pensées se sont mises à osciller entre les battements de mon cœur et le rythme imposé de l’horloge. Des petits espaces se sont ouverts et j’ai commencé à comprendre la préciosité du temps. Oui, le temps est une denrée rare. Il n’est pas là pour être gaspillé, n’y d’en faire une course contre la montre. Le temps est à vivre à chaque instant, hors du passé et de l’avenir. C’est nous qui détenons la flèche de notre temps, c’est nous qui nous plaçons au bon endroit pour y respirer le présent. C’est ça, la clef pour sortir de la vision linéaire et impérieuse du temps ! Il est plus qu’une création humaine, il est prédiction, puisqu’il détermine qu’il existe un passé, un présent et un futur. Mais là, je me sens autant petite fille que la personne que je suis maintenant et celle que je suis demain. La nature intime du temps se comprend dans l’instant présent : pour comprendre le temps, il faut le prendre. Je déguste tranquillement cette nouvelle saveur. Rien ne presse, tout est là. Je rassemble dans le creux de ma main ses quelques miettes, et je donne un rire en offrande à ce jour nouveau.
Yoéva




