
Pas de mots pour le dire, j’ai préféré le silence pour essayer de trouver un nouveau vocabulaire pour exprimer ce que je ressentais devant le théâtre du monde : une mauvaise pièce, un casting pourri, des méchants vraiment méchants et des gentils hésitants ou résistants… dégoûtée, mon humeur d’un monde meilleur risquait d’être amère. Je fais partie des gentils qui préfèrent se taire, observer et attendre le moment opportun pour pouvoir agir. Alors, en début d’année, je suis partie en voyage à Katmandou, pour changer de point de vue et me plonger dans un autre monde. Le spectacle au pied de l’Himalaya est d’une qualité HD (Hors Description) qui me met encore sans voix. Je peux juste raconter quand la terre a encore tremblé… étrange sensation d’une terre vivante. Cette nuit-là, ce n’était qu’un doux bercement… rien de fracassant comme le tremblement de l’année d’avant. Bien réveillée, ma pensée s’est accélérée, et j’ai vu clairement l’ancien monde d’intérêts égoïstes et de nationalismes s’effondrer pour laisser place au nouveau monde du bien-être général et de la conscience planétaire. J’ai vu des idées progressistes s’éveiller partout sur terre. Mais, j’ai vu aussi nos peurs se cristalliser en nous, nous rendant encore plus hermétiques à de nouveaux chemins d’évolution. J’ai vu des corps se raidir et des pensées se scléroser sur de vieux schémas de colère tournant à la violence. J’ai compris que l’évolution se passe d’abord à l’intérieur de nous. Le grand R de révolution viendra par l’éveil des consciences. Les premiers combats à mener sont d’abord contre nous-mêmes. Nos colères personnelles refoulées et nos dépendances sont nos premières ennemies. Sortir de la soumission, c’est d’abord dire non à ce qui nous soumet à l’intérieur de nous. L’insoumission engendre naturellement de prendre soin de nous, et de là, naîtra peut-être la véritable paix.
Yoéva




