
Du haut de ma tour, je domine le monde. Rien de viendra perturber mes rêveries et mes visions du futur. J’excelle dans le monde. Je contrôle le monde. Même les plus hauts vents violents de l’univers ne m’atteignent pas. Je construis mon monde futur. Un monde grotesque de modernité liquide fleurit sous mon poids. Les plus bas que terre espèrent que je sois au bord du précipice, mais personne ne peut me faire sauter. Rien ni personne ne me fera sombrer vers l’humanité. J’utilise sa stupidité. Mes grandiloquents projets sont sous mon contrôle. Tout est évalué, calculé, paramétré. Rien ne me manque, j’ai tout à portée de main. En un claquement de doigts, tous mes désirs sont exhaussés. Je bâtis un monde plus vaste, j’en suis le patriarche. Tout tourne autour de moi. D’autres mastodontes poussent comme des champignons. Je les tolère car je les maîtrise. Une armée de petites mains s’exécutent aux doigts et à l’oeil. Aucun vestige de l’ancien temps, les ruines du passé sont chassés de mon territoire. Tout m’appartient. Je construis le nouveau patrimoine. J’attire à moi les nouveaux désespérés. Les faibles sont rayés de mes plans. Je suis souverain. Mon monde s’étale partout sur terre, sur mer, je fais la loi. Le ciel me donne raison. Je suis puissant et je fais tout couler, je mets tout le monde à mes pieds, aux quatre coins de la planète, mon diktat fait loi et justice. Le luxe que je fais miroiter perd même les cœurs purs. Je les vois se pavaner dans ce qu’il croit être le meilleur. L’entourloupe est sublime et majestueuse. Je crée de l’absurde et du dérisoire et je leur fait croire avec audace à ce monde meilleur.
Yoéva




