
Sur le fil du funambule une humeur pas sage erre. Le funambule passe d’un monde à l’autre tel un apprenti sorcier. La fièvre qu’il a laissée monter tout en se préparant, est là comme un atout pour l’évolution. Il a dû, avant de se lancer dans le vide, pourfendre les discours mensongers, déjouer les traquenards, éteindre les paroles en l’air de ceux qui agitent les débats. La foule est dense derrière lui, bruyante et agitée. Il a échoué à faire taire ce brouhaha infernal et il a dû aller chercher en lui un calme profond, une caverne paisible pour y installer toute sa conscience. C’est de là qu’il a pu se tourner vers sa destinée. Il est devenu le maître des chuchoteurs, celui qui se chuchote à lui-même des paroles de réconfort. Les mélodies de ses propres sons, la magie de ses mots l’accompagneront lors de sa traversée comme des ondes de choc. Il a porté loin son regard sur la ligne d’horizon. Son premier pas a été d’accepter le monde tel qu’il est et de laisser les choses telles qu’elles sont. Le silence s’est enfin fait dans la foule. Ce ne sont plus que chuchotements et soupirs. Plus de hauts ni de bas, plus de va-et-vient entre la paix et le conflit. Il est sur la ligne de crête rassemblant dans son équilibre l’harmonie et la dissonance, l’ordre et le chaos, la clarté et la confusion, le calme et l’agitation. Ses pieds glissent sur le fil du tranchant. Il est pleinement conscient de sa respiration. Son regard est aimanté vers cet ailleurs du levant. Il vit la quiétude du cœur, il est devenu la paix qu’il cherchait depuis longtemps. Maintenant il peut se tourner à nouveau vers le couchant. Il s’est fait magicien des mots. Ses mots sont devenus des enchantements face aux polémistes en tout genre. Il éveille la beauté en chacun pour qu’ils se mettent en marche vers un monde meilleur.
Yoéva





