
L’humeur d’un monde meilleur a migré … elle est allée d’un point à un autre … elle s’est retrouvée dans un endroit qu’elle n’aurait peut-être pas choisi d’emblée … une escale … une terre d’asile … La page Sexe, Sport and rock and roll l’accueille dans ce numéro. Elle est obligée de s’adapter à ce nouvel espace. Elle se teinte d’une nouvelle couleur et explore les forces puissantes qui s’expriment ici. Le sexe, force primordiale qui aimante, attire, reproduit, s’épanouit singulièrement à l’image de ceux et celles qui s’en délectent. Le sport, instinct de survie des premiers cent mètres parcourus pour échapper à un prédateur, s’accomplit dans l’essor de l’esprit d’équipe et du challenge. Le rock’n’roll , expression musicale rythmée et chaloupée, se fait porte parole de l’histoire de la plainte, de la soumission et de la contestation du peuple. Le sexe, le sport et le rock’n’roll engendrent tout un tas de sensations, d’émotions, de frénésie, d’enthousiasme, d’exaltation. Elles réveillent les fonctions vitales. Les glandes endoctrines sont stimulées pour délivrer des messagers chimiques via le système sanguin et cibler des cellules spécifiques. L’hypothalamus et l’hypophyse sont en alerte, les hormones sont au taquet. Et dans tout ce déploiement de forces vitales, des débordements ont lieu et les sécrétions se manifestent. Elles traversent les limites du corps et s’épanchent en dehors. Des glandes sécrétoires de toutes sortes s’expriment : cyprine, sperme, sueur, salive, crachats. Tout est là pour protéger, humidifier, lubrifier … ça éternue, ça expectore, ça éjacule, ça sue, … la voix humaine s’exacerbe en crescendo rinforzando : ça débagoule, ça couine, ça s’extasie, ça crie en une voix commune d’exploit. Les trois rallient, rapprochent, rassemblent, fusionnent, et permettent aux humains d’exprimer ensemble leurs passions communes. Ils sont au cœur de l’Amour de la vie et de la joie de vivre. Tout est là donc pour combler l’humeur d’un monde meilleur. Cependant, dans ce que le sexe, le sport et le rock’n’roll rassemblent et stimulent, ils s’allèchent aussi d’autres saveurs exquises qui embrasent et dévorent. L’union qu’ils portent provoquent les forces contraires. Comme le soleil témoigne par son rayonnement de la présence de la nuit, comme la vie appelle la mort, ils flirtent dans les zones d’ombres de la psyché humaine. Là aussi pas de souci pour la création et la construction d’un monde meilleur, c’est l’état ordinaire de l’exploration dans la matière pour intégrer l’ombre à la lumière. Mais quand l’expérience devient danger pour soi et pour l’autre, quand l’engouement de la passion déborde les frontières du respect pour le mépris, alors là rien n’achalande l’humeur d’un monde meilleur. Du sensuel au lubrique, une once de lubrification excessive a fait dériver la recherche du plaisir vers des sphères plus douloureuses. Les penchants se font falaises et la propension aux excès morbides altèrent les intégrités. Le sexe devient viol, pornocratie et dégradation du corps de la femme. Le sport se fait compétition et réclame du dopage. Le rock’n’roll devient tyrannique et prête allégeance aux voix sataniques. La domination et l’humiliation ont remplacé les forces en puissance de l’attirance. La sacralité du dépassement de soi est enfermée dans l’effort chimique et la concurrence. La cacophonie et une rage non digérée ensorcèlent les sonorités en des mélodies criardes et dégueulantes. Alors là, un NON puissant anime l’humeur d’un monde meilleur. Continuons à s’entrelacer, à se balancer, à s’élancer au nom de la force de vie : jouissons, rassemblons-nous, unissons nos voix, amusons-nous, libérons-nous des carcans, enthousiasmons-nous pour des exploits humains. Et, Son OUI se proclame haut et fort, l’humeur d’un monde meilleur se réjouit au nom de l’épanouissement de l’humanité dans la liberté, la paix et l’harmonie.
Yoéva






