
Spontanément, on définit plutôt le silence en creux, par l’absence : absence de sons, de paroles. Comme si ce non-son relevait de l’anomalie du vide dans un monde saturé de bruit (d’origine humaine). Mais alors, que dire de la pause, bien connue des musiciens ? Que dire du silence de la méditation, de la prière intérieure ? Que dire du secret, du silence de l’amour, de celui du désamour ?
Dans son Histoire du silence, Alain Corbin, surnommé parfois l’historien du sensible, guide le lecteur à pas feutré sur les traces discrètes de ce compagnon intime. Il nous rappelle aussi que le silence sait, aujourd’hui encore, se faire censeur, instrument de pouvoir, même. C’est au détour de romans, récits, poèmes et autres écrits philosophiques que l’auteur scrute ces traces. Un beau sujet, une belle intention. Dommage que ce voyage – qui se veut historique – dans les mondes du silence ressemble à un papillonnement plutôt qu’à une exploration, comme A. Corbin y avait habitué ses lecteurs.
Alain CORBIN, Histoire du silence, Albin Michel, 2016
Didier Bertholy





