
En ces temps de ralentissements sur les routes de nos campagnes, nous avons eu envie de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, histoire de voir si c’était mieux avant…
C’est en 1860 qu’apparaît le premier moteur à gaz et à air dilaté, alors que le moteur à explosion à quatre temps fait l’objet lui d’une médaille d’or à l’exposition universelle de 1876. Il équipera les premières automobiles développées en France par Panhard et Levassor. Toutefois, il faudra attendre 1919 pour que la première auto produite à la chaîne voit le jour dans l’hexagone avec Citroën, environ dix ans après Ford aux États-Unis. La production progresse jusqu’à la crise économique de 1929, puis connaît un essor considérable après guerre.
Si le code de la route voit le jour en 1921, dès 1899, des décrets réglementent la vitesse autorisée (30 km/h à la campagne, 20 km/h en agglomération) et instaure même les certificats de capacité à la conduite des véhicules, devenus permis de conduire en 1922.
La prévention routière en tant que telle naît en 1949, et bientôt la vitesse est limitée à 60 km/h en agglomération.
En 1958, les auto-écoles sont réglementées, et les automobilistes contraints de souscrire une police d’assurance. En 1959, les choses se durcissent : on peut être sanctionné pour conduite en état d’ivresse, même s’il faut attendre 1965 pour que soit autorisé le dépistage par air expiré. En 1970, les seuils sont fixés à 0,80 g/l de sang pour la contravention, et à 1,20 g/l de sang pour le délit.
Il faut attendre 1960 pour accéder aux données des tués sur la route chaque année. Ils sont alors plus de 8 000.
1969 n’est pas qu’une année érotique, c’est aussi l’année de la mise en place des premières mesures spéciales « jeunes conducteurs » : ceux-ci voient leur vitesse hors agglomération limitée à 90 km/h (ça leur apprendra à mettre la chienlit !). L’année suivante, place à l’équipement des véhicules neufs en ceintures trois points à l’avant.
Mais c’est 1972 qui est vraiment le tournant de la prévention routière en France. Il faut dire que cette année-là, plus de 18 000 personnes seront tuées sur la route.
De nouvelles mesures sont prises dans les deux années qui suivent : port obligatoire de la ceinture à l’avant, port du casque obligatoire à moto, limitation à 130 km/h sur autoroute, à 110 km/h sur les voies expresses, à 90 km/h sur route.
En 1978, ce sont les places arrières qui doivent être dotées de ceinture, même si leur port ne devient obligatoire qu’en 1990.
Suit une période assez longue où la prévention est à l’honneur, et elle l’est toujours. De 1978 à 1982, on compte environ 13 000 morts chaque année. Puis les chiffres baissent progressivement, jusqu’à l’instauration du permis à points en 1992. On tombe en dessous des 10 000 tués. En 1990, le nouveau monde de l’époque avait fait ralentir les automobilistes à 50 km/h en agglomération, et ça râlait déjà dans les chaumières ! En 1995, un nouveau coup est porté aux viticulteurs et autres brasseurs après la loi Évin de 1991 : le seuil d’alcoolémie passe à 0,5 g/l de sang…
Cela fait maintenant dix ans que l’on est passé sous la barre des 4 000 tués chaque année sur les routes de France, malgré une multiplication par 2,4 du parc automobile depuis 1972.
Vu comme cela, on peut se dire que dans vingt ans, on se demandera vraiment pourquoi on s’insurgeait, en 2018, du passage aux 80 km/h sur les routes…
Sources :
https://www.planeteautomobile.com/histoire-automobile/#chronologie/fiche/2/moteur-explosion
Céline Perrin




