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La Trousse Corrézienne

Chroniques, LTC 20 · 7 septembre 2018

Heurs et malheurs de Raoul et Marcel Godewarsvelde

« Émile, jva tein dire ein bonn : j’éto a’l fernett et pi jvo del fumée in bas dchel rue des feuillants ach’ coin dchel rue Marc eyroll. Alors j’appel Raoul : « – Raoul, vien vir ! y’a del fumée din chel baraque d’ in bas dché escaliers ! – ah bon ? t’é cro qui a ch’fu ? Ché ouvriers y sonte pon là ? » alors j’insiste, « – vien vir a ch’balcon quoi non de bleu ! » alors y vien pi y mdit : « – ein diro bien ! ouai ein diro bein qu’cha finq in diro même qucha sein du plastic brûlé ! ahh et pi comun qu’cha pu ! whaa, cha sein l’brin ! faut appeller ché pompiers Marcel, faut appeler ché pompiers tut suite ! »

Jfais l’18 et ché pompiers y vienntent. y restent l’mitant d’eine heure py y r’partent in disant « y’a pas l’feu ici. » Ben j’avo pon rêvé ko, y’avo bin del fumée py ein odeur ed plastic et d’colle brulée cha puo cha puo ! y faisotent un affront à ch’maroile ! Eul lendmain, rebelotte ! el funquée el éto rintrée dinch l’appartemin, fallu fermer tou ché fernettes et jpouvo même pon mett eum battée à séquer ! et là y’avo ché ouvriers din chel baraque. Raoul y dit « – ben cha ché trop fort ! ché interdit ed faire du fu in plein mitant dchel ville ! jv’a appler chel mairie pour vir et pi quelle confirme chin qué chpince ! » Chel feumme del mairie a dit d’abord qu’ein peut pi apres alle dit non pi qu’c’hé possib dech premier au 20 juin pi apres elle dit quc’est foque ché intreprises qui ont el droit ! Mi jte ldit émile, elle savo pon chin quelle diso, elle barzinguais comme eine vrai niqdoule ! Alors apres Raoul ym dit qu’ les stroumphs y devotte ben connèt ech réglemin. Alors jfais l’17 ! jdit à chl’homme au bout deuch fil quj’ai déringé ché pompiers hier pour rin et qui a del polution din chl’air car ein bas dchez mi y na qui fontent du fu avec du brin et qué jvoudro ben connèt chréglemin pasqu’al mairie y savtent pon ! chquépi au lieu de mdonner ein réponse à mquestion y mdit qu’dés qu’ein patroule el est arvénu a chposte y va l’envoyer vir.

L’mitan d’ein heur apres, chl’hotel ed polich y rapel pour e mdire qui a pon dfu ein bas dchel rue des feuillants ! alor jrépond : « – désolé d’insister mr l’agint mais y’a des ouvriers qui fontent du fu dinch coin là ! exactemin au 17 dchel rue Marc Eyrole ! vot patroule n’a qua vnir à mbaraque vir à min balcon si cha finque pon ! » Hé Emile, ben té sai pon quo ? y’a 4 péquins qui sonté vnus à lbaraque ! 2 droles et 2 drolesses ! j’éto ein plein ménag ed printin ! tout y’éto sein dsus dsous et y regardottent partout comme des bêtes curieuses avec leurs y comm des quéquèttes édrat ! ein auro dit qui nous soupsonnaittent dé chsai pon quel trafic ! et pi ben chur chfu y’éto étein ! cha finquait pu ! alors y m’ont pris pour un babache ! y dizottent qui voyaitent té pon dfinquée, qu’céto surmin del poussière ed platre ou quiqu’un qui vapottait, que cha cha faiso gramin dfinquée eine vapotte. Ja quein même répondu qmin frère et mi ein avo pon inventé chel poud et chel odeur ed plastic non pu ! et cha eus y l’seintaitent pon ! y savtent foc faire comme leur kien, arnifler chel droque ! ein heur apres cha rfunquo out ! et pi ein odeur pistil en fiel ! du cou jrapel e chképi… im dit que l’patroule a été vir et kché ouvriers y fontent ein babeucul ! jt’en foutro des barbebecul mi ! alors j’y répond : « – heu dite donc cht’ein repas dnoces e chbarbecul hein ! et pi elle do etr bonne chel barbaque aux aromes ed plastic ! Hé pi dites donc, si mi jmet pon mcheinture din m’caretteché foq eum prop chécurité hein ? si vous prenez en flag, chel prone j’va ben dvoir el payer spa mr l’agin ! » y mrépond « certe » mais que jdo etr tolérant, qu qché ouvrier y’ont ben ldro dfair griller quelq bout dviande ed tin sin temps, qui fontent cha prop dins un tonneau. alors jly ardit : « – Mais dite donc, chproblèm ché l’polution ! et y n’a pon dprop ed polution ! faut qui zaille te din ché déchéteries pour faire cramer leu brin ché la loi ! Ché pon pour ché kien ché déchéttries ! Et pi si y faut donner ein prone faut ldonner ! Et pi y n’on ka minger des sandvichs ou aquater du querbon dbo pour ché grillads ! j’éto passé out ! Et pi j’va vous dire quetquose mr l’agin, mi jsu pon égoïste jpince à ché ti zinfants,ché tiotes biloutes ; mais quo qu’en va leur laisser à ché tiot quinquin ? comin qui vonté pouvoir respirer din quéque zannées hein ? » Ben y m’a invoyé balader sur ché rosses ein mdisant qcha céto un trop long sujet à débatt et qu’y avo aut cause à faire !

Armonté comme ein pendule j’a rappelé chel mairie, j’a dm’indé chmédiateur et y’a dit faut les prinde su chfait et qu’in dvo lrappeler des qu’in vo del funquée sauf que chl’homme les tro quart du tin y’é jamais à sein bureau ! et l’aut quard y’est in rindez-vous !

Teut rin conte Emile ? ché ti pon possib chel affair là !

Ha ben y continutent à faire brûler leu brin et nous empoisonner et à ti fu ast’heure ! »

Raoul et Marcel frères ch’tis, sont nés dans un petit village des Flandres frontalier de la Belgique. Ils sont venus se réfugier à Tulle car ils ne supportaient plus d’être la risée de leurs voisins. Il faut dire qu’ils le cherchaient un peu car ils ne cessaient de raconter des histoires sur leur dos… Raoul fut chanteur autrefois et Marcel, chaudronnier. Je retrace ici dans leur jargot quelques-unes des mésaventures qu’ils ont connues, mais aussi les histoires belges qui leur restent en souvenir. Pour la traduction, vous trouverez sûrement un Ch’ti près de chez vous ! Le mois dernier je rencontrais Marcel :

Émile J

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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