
Il y a des films absolument horribles qui sont de véritables pépites du cinéma. Déjà il commence mal. Dès les premières minutes, on est accueilli par un fait divers sordide – j’en ai jamais vu de joyeux d’ailleurs : un restaurant qui sert de la viande humaine sur fond noir et blanc pour rouvrir sur des sacs en plastique rouges, gorgés de viande. Je n’ai toujours pas digéré la fin qui, après m’avoir noué les tripes pendant deux heures et demi, tellement l’atmosphère était intenable, terminait par un groupe de musiciens folkloriques.
Cependant, ce qui fait l’unicité de ce film, c’est qu’il a été tourné en un seul plan séquence, sans coupure, ni montage. Et, contrairement à l’Arche Russe de Sokourov où le récit est linéaire, le temps semble ici délité.
Le plus beau passage est la scène du lac : la narration se fait en forme de boucle, un ruban de Moebius où chaque pièce s’imbrique. On découvre la vie d’une communauté passionnée de cerf-volant à travers leur interaction, en changeant de point de vue.
Le film reste une belle leçon de cinéma pour sa narration.
Antoine Retoré




