Pour le maire de St-Pardoux la Croisille, SAMÉOLE est une petite entreprise familiale normande. C’est du moins ce que lui a expliqué le patron, Alain Samson. Soit, mais il y a petite entreprise familiale et petite entreprise familiale. A. Samson, ce fils d’ouvrière agricole et d’artisan, comme il aime à se présenter, arrivé « pour un stage d’été » dans la société de transport et de logistique Malherbe, connait une ascension fulgurante sous la protection du patron de celle-ci, Michel Malherbe. A. Samson, manifestement doté d’un sens inné des affaires, rachète Malherbe en 2001 après en avoir été nommé PDG en 1996. C’est aujourd’hui une flotte d’un millier de poids lourds en propriété et de 1500 autres en sous-traitance qui sillonnent les routes européennes. Un vrai conte de fées au pays du libéralisme heureux ! Mais les fées respirent le CO2 et les particules polluantes des camions, aussi soufflent-elles à l’oreille d’Alain l’idée de verdir son activité. Ça tombe bien, le marché des énergies renouvelables se développe, plein de promesses juteuses. D’où la création de SAMSOLAR (2005) et de SAMÉOLE (2007), 2 sociétés chargées respectivement du développement de parcs photovoltaïques et éoliens. Le nerf de la guerre, toujours financier, c’est la société SAMFI-INVEST qui s’en charge. Outre la logistique, le transport et l’énergie « verte » (projet d’usines de fabrication d’hydrogène « vert »), Samfi investit aussi dans l’immobilier d’entreprise et l’habitat.
Alors, présenter Saméole comme petite entreprise familiale française, ça fait sourire (ou pas, c’est selon). Alain Samson est à la tête d’un important système financier, industriel et immobilier, ce genre d’affaires qu’on ne gère pas simplement en bon père de famille.
Gratter ailleurs
Hier Christian Arnaud me téléphone. Il est paysan, installé chevrier depuis 1979 à Saint Hilaire Foissac. Comme le sujet sur les éoliennes me prend le chou, on s’en parle, ça monte vite, et j’y vais pour comprendre. J’arrive pas à lâcher ce fichu éolien !
Bref, il était élu, et volontaire lors des débuts du projet éolien sur la commune, fin 2013. Juste avant les élections. C’est la nouvelle équipe en place qui valide en conseil municipal l’étude de faisabilité… déroulement classique : rencontre avec les élus, vote en conseil municipal, étude foncière, on parle, on s’engage, par oral, beaucoup, bref, que du présenté ici dans ce dossier.
Puis Christian me parle d’Énergie partagée, qui fonctionne à l’image de terre de liens pour les achats de foncier et l’installation agricole. Là, c’est une association qui anime et accompagne les porteurs de projets et un outil d’investissement citoyen, qui collecte des fonds pour les mettre à disposition des projets. Attention hein, à ne pas confondre avec l’industriel classique : « contrairement aux plates-formes de financement participatif (crowdfunding) qui servent seulement d’intermédiaires financiers, Énergie partagée s’implique à long terme dans les instances de gouvernance du projet, pour s’assurer qu’il reste aux mains des citoyens durant toute la phase d’exploitation. »1
Mais c’est lourd aussi, un projet comme ça, faut…arriver à se lancer !
Tout de même, sans gratter tout de suite, pour éviter d’y voir un beau contre arriver, déjà j’ai savouré le fait que certains faisaient autrement. Faut gratter.Je ne comprends pas cette phrase…
Et gratter aussi beaucoup, beaucoup, la réduction de consommation pour arrêter ce fichu nucléaire.
J’espère qu’on va y arriver avant !
1https://energie-partagee.org/nous-decouvrir/qui-sommes-nous/
Petite conversation avec moi-même
– Voilà, le dossier est fini.
– oui, mais du coup, on fait comment ?
– Quoi comment ?
– Ben on va dire que tu es pronucléaire.
– ?
– T’as bien vu les sites et tout : les antiéoliens sont pronucléaires
– C’est pas une raison pour penser que je suis pareil quand même.
– Tu fais comment alors ?
– Quoi comment ?
– Pas d’éoliennes ici, parfait , mais pas d’éoliennes et pas de nucléaire, tu fais comment ?
– On réduit ?
– Quoi ?
– La consommation.
– Ah, eh bien, va falloir y aller, parce que t’as vu la consommation !
– Ça existe pas une prospective, là, de comment ça peut marcher ?
– Si, cela s’appelle une révolution. Contraignante : hop, chacun son empreinte carbone et tu peux éteindre ton ordinateur, avec les datas, je te dis pas la consommation. Et puis violence, sang, période intermédiaire, coupage de têtes, tu vois le genre, et jusqu’à preuve du contraire, tu es convaincue que la fin ne justifie jamais, jamais les moyens, alors ?
– D’abord je suis pas contre les éoliennes, je suis contre les pompes à fric. Même pour tout dire, je trouve cela beau, une éolienne. Je sais ça choque, mais c’est comme les beaux ponts, je trouve cela beau.
– Et le paysage alors, tu le trouves comment ?
– Ah ! Ça gâche pas, non, non, ça gâche pas.
– Et les oiseaux ?
– Ecoute tu m’em… je suis pas contre, je suis contre le comment, pas contre le quoi. Ça me met en colère qu’on utilise l’argent public, en pompes à fric, là. On peut faire autrement. Avec de bonnes études. Et pas d’éoliennes à moins 1 500 mètres, plutôt qu’à 500. Une obligation de concertation AVANT de faire signer des baux… Et puis si on avait passé tout ce fric, en réduction d’énergie, hein ? Et de façon intelligente !
– Et tu fais comment hein ?
– Je le crie là, au moins pour faire quelque chose, de toute façon pour remplacer le nucléaire, je te dis pas les éoliennes ! Partout plantées ! En mer et sur terre. Faut réduire !
– Eh bé on n’est pas dans la merde !
– Oui faudrait une belle invention, qui nous fasse de l’énergie jolie, sans pompe à fric, sans nucléaire, que ce serait si bien, qu’on le ferait même contre les lobbies et…
– Ouh, ouh ! Mais la science est aussi sous influence
Bon je vais me coucher avec mes contradictions.





