S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

Chroniques, LTC 18 · 4 mai 2018

Fallait-il voter Macron ?

« Fallait-il voter Macron ? » : l’illustration

Entendons-nous bien. Je ne m’adresse bien évidemment pas, dans cette interpellation à mes fans habituels. Je tente, conformément aux conseils de mon directeur marketing, d’élargir mon audience, en tentant de capter un lectorat plus vaste, en m’adressant à un « segment potentiellement captif de clientèle ». Eh oui, bandes de nazes, vous croyiez que j’écrivais bêtement sans arrière-pensées ce qui me passait par la tête. Pas du tout. Mes écrits sont ciblés, judicieusement placés. Je suis dans une perspective de carrière… Mais là n’est pas mon propos.

Fallait-il donc voter Macron ? Que ne t’es-tu pas posé cette question au printemps dernier, toi que la crise économique arrangeait bien, devant toute hypothèse de transformation sociale, toi qui, aujourd’hui encore, hausses les épaules de mépris en clamant « c’est de l’utopie, on n’a plus les moyens, faut être réaliste » en réponse à ceux qui, eux, pas comme toi, tentent de se mobiliser encore et encore pour la préservation d’un peu de justice sociale. On pourrait penser que t’as baissé les bras si on avait le souvenir que tu les aies jamais levés. Fallait-il donc voter Macron ? Au premier tour ! bien entendu. Ah non, parce qu’au deuxième tour, alors là, tu as été le premier à nous faire la leçon, à nous dire à quel point tu étais engagé contre le Front national, à nous intimer d’y faire barrage unis comme une seule femme ! (je tente là, un peu un rééquilibrage ethnique). Mais à ce propos, où étais tu l’autre jour, qu’un député du Front national tenait un meeting en notre ville ? Je ne t’y ai point vu. Au premier tour donc. Si on considère Macron par l’entrée de la filiation, ce que tu as dû faire, alors là, sans hésiter la réponse est oui. Macron, propulsé par le zouave du Bourget, notre père à tous, on pouvait donc lui faire confiance pour poursuivre les efforts. Ah oui, parce que maintenant, en politique, unanimement dans tes prêches, la solution passe par des efforts ! C’est pas des politiciens qu’il nous faudrait pour gouverner avec toi, c’est des sages-femmes ! Remarquez, ça contribuerait à la parité. En même temps, Macron, avec son envie de ratisser large, le risque était de te retrouver attablé avec des les Républicains qui eux sont très éloignés de ta pensée puisqu’ils prônent l’austérité comme toi, mais à des fins libérales avouées, alors que toi, tu n’avoueras jamais. Au sacrifice de Solférino, tu as finalement voté Macron. Certes une partie d’entre vous sont restés fidèles et d’autres ont voté Maduro, mais dans l’ensemble le pire a été évité. Et puis finalement, au diable les vieux appareils, faisons peau neuve ! L’important étant au final que rien ne bouge… Que rien ne bouge pour toi. Je crois qu’en ce sens tu as fait le bon choix : les retraités perdent un peu de pognon mais t’es pas à la retraite, les EPHAD sont sinistrées, mais t’es pas (encore) gâteux, les usines ferment, mais t’es pas ouvrier, la SNCF se privatise, mais tu prends pas le train, la loi travail précarise, mais t’es pas précaire, les migrants souffrent, mais t’es pas migrant, l’hôpital public crève, mais tu te soignes dans les cliniques privées, les petits commerçants agonisent, mais t’achètes sur Internet, les paysans sont contaminés, mais tu bouffes du bio… Au final donc, Macron c’est complètement indolore. Tes gosses, peut-être ? la planète, peut-être ? Pour la planète un haussement d’épaules compassé, l’obole à une ONG et rien n’y paraîtra. Pour tes gosses, le réseau : tu as suffisamment de relations pour assurer l’avenir de tes progénitures, pour leur permettre de vivre une vie préservée, une vie sans changement, sans révolution… Et l’horloge au salon, qui dit oui, qui dit non, qui dit… Je dois tout de même reconnaître au final que toi, et tous ceux qui te ressemblent, êtes, pour l’instant, plus nombreux que moi, et que ces quelques mots resteront les constituants d’une pauvre chronique fielleuse, les propos d’un homme aigri, dépité de la Corrèze. Pour l’instant.

Ructor Vigo

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

Dessin : un personnage devant un public, « encore mieux que les GNUs et les ORNIs »

LA FORÊT LIMOUSINE une mine de charbon à ciel ouvert

L’État vient de créer un cadre légal pour une mine de charbon : les forêts du Limousin ! On en a déjà parlé dans la Trousse de janvier, le rêve de Carbon Ingen’R Bugeat Viam (CIBV) c’est une usine qui fabriquerait 40 000 tonnes annuelles…

22 mai 2018

« Un saut de puce… », la BD du n°18

Un saut de puce…

La BD du n°18, par Lalie (collège Clémenceau, Tulle).

4 mai 2018

Les poupoules : élever des poules

Les poupoules — élever des poules ? Pour quoi faire ?

Je suis allé interroger deux voisines, une dans les bois et l’autre dans le village, elles ont des poules, et je leur ai posé quelques questions ; en voici la synthèse.

4 mai 2018

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal