
Éole dieu grec des vents apparaît dans l’Iliade où Homère en fait le fils d’Hippotès, un simple mortel. Cet étrange dieu vit sur une île entourée de ses 12 enfants. Six filles et six garçons mariés entre eux.Toujours selon Homère il tient son pouvoir du fils de Chronos.
Mais selon d’autres il serait le fils de Poséidon et d’autres encore en font un astronome ayant une grande connaissance des vents.
Bref même les grecs anciens ne s’accordent pas sur son statut. Pas étonnant que bien plus tard Brassens chante le vent fripon, le vent maraud.
Par contre tout le monde est d’accord sur l’énergie qu’il contient. Depuis la plus haute antiquité cette énergie est utilisée. Les felouques des Pharaons remontent le Nil grâce à lui. Et longtemps la marine à voile sera le seul usage de cette énergie considérable mais irrégulière et capricieuse.
Pour être le seul usage fait de la force éolienne pendant longtemps il n’en est pas moins important. Comment découvrir l’Amérique sans les Caravelles ? Ensuite la marine à voile fut l’indispensable instrument de la colonisation puis du commerce (pillage) avec ces colonies. Sans elle, pas de commerce des épices ni de traite des noirs.
La taille et les performances des navires marchands à voile laisse rêveur. Des quatre mats de plus de 100 mètres de long capables de transporter plus 5000 tonnes de marchandises à des vitesses considérables pour l’époque. La marine à charbon au départ plus lentes et moins grosses ne s’imposa que progressivement à partir du début du XXème siècle grâce à des temps de voyage moins aléatoires.
Il n’était en effet pas rare que l’un de ces merveilleux voiliers mette plusieurs mois pour franchir le cap Horn dépendant qu’il était des caprices d’Éole.
Et parmi les caprices les plus célèbres de ce dieu versatile on peut citer le typhon Kamikaze qui en 1284 mit fin à la 2ème et dernière tentative d’invasion du Japon par les mongols.
L’énorme flotte d’invasion mongole, plus de 5000 navires emportant plus de 100.000 soldats fut presque entièrement détruite par le typhon qui sauva le Japon d’une défaite quasi certaine.
Quand aux éoliennes proprement dites leur origine se situe en Perse mais les auteurs ne s’accordent pas sur la date de leur apparition : Vers 200 avant notre ère selon certains au 5ème siècle pour d’autres. Leur usage par contre fait consensus. Il s’agissait de pomper de l’eau et d’irriguer.
Quoi qu’il en soit il faudra attendre le 13ème siècle pour les voir apparaître en Europe. Leur utilisation se répandra ensuite assez vite notamment pour moudre le grain. A cela une raison : le moulin à vent permettait d’échapper à la taxe qui pesait sur l’usage des cours d’eau.
Au fil du temps les usages des moulins à vent vont se diversifier. Ils serviront à scier le bois d’œuvre, pour traiter des produits comme les épices et le tabac, ou aideront à l’assèchement des polders en Hollande.
A la fin des années 1700 ils fournissent environ 1 500 mégawatts. Ce niveau de production d’énergie éolienne n’a été atteint par la suite que vers la fin des années 1980.
Mais c’est seulement à la fin du 19ème siècle que Charles F. Brush, un scientifique américain, construisit la première éolienne entièrement automatisée qui produisait du courant pour 12 batteries, 350 lampes à filament, 2 lampes à arc à charbon et 3 moteurs. Haute de 17 mètres et composée de 144 pales en cèdre, elle avait une puissance de 12 KW.
Puis un peu plus tard (1891) le danois Poul La Cour découvre que des turbines à rotation rapide composées d’un nombre moins grand de pales génèrent davantage d’électricité que des turbines plus lentes composées de nombreuses pales. Il met au point les premières éoliennes conçues à partir des principes modernes de l’aérodynamique. Grâce à des rotors à quatre pales elles affichent une puissance 25 KW. Elles serviront entre autre à la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau. Nous ne sommes pas encore en 1900 et l’éolienne moderne est née.
Brice





