
France Nature Environnement et localement Limousin Nature Environnement, lancent les Sentinelles de la nature, une application qui permet à tout un chacun de signaler « une décharge sauvage, une destruction de zone humide ou encore un cours d’eau pollué », « d’agir facilement en quelques clics et […] ainsi contribuer à la préservation de la planète en partageant directement ses observations ».
Je lis ça et ça m’énerve. Il faut être vraiment ronchonchon pour critiquer une action de protection de la Nature 1 , mais je ne peux pas m’en empêcher, ça m’énerve. Déjà il y a le médium : je ne pense pas qu’une application soit une solution pour défendre la Nature. Selon Guillaume Pitron, journaliste, spécialiste des matières premières, si l’on inclut l’empreinte écologique, un ordiphone « ne pèse pas 150 grammes. Il pèse 70, 80, 150 kilos 2 ». Sans parler des fermes de serveurs numériques pour stocker les données. Et puis le fond : nous croulons sous les déchets. Je vous mets aux défis d’entrer dans un supermarché et de ressortir sans un bout de plastique à la main. Et nous n’avons pas pour projet de diminuer notre production. Quand je dis nous c’est un nous sociétal : j’ai bien un désir individuel de diminuer mes déchets (désir plutôt satisfait en plus), je fais même partie d’un groupe social qui a ce projet, je fais mes courses dans un magasin vrac, j’achète en seconde main, mais je nage à contre courant et je sais que je vis dans une société qui produit de plus en plus de déchets et qui prévoit d’en produire plus. Une élue corrézienne m’a raconté avoir visité l’incinérateur d’Égletons, construit dans les années 1990. La partie pour les déchets ménagers est surdimensionnée, donc pour l’alimenter on est obligé de brûler
APRIL O’NEIL





