
Au rythme du tic-tac musical de Hans Zimmer, nous suivons les derniers jours de la déroute de 1940, au travers de trois chronologies convergentes qui se focalisent sur plusieurs paires de personnages anglais dont on ignore tout. Certains sont (dés)incarnés par des habitués des films de Nolan, ce qui permet finalement au spectateur de s’identifier à eux.
Aucun héros ne sort du lot. Tous, dont les réactions –ou leur absence– en disent long, ne cherchent qu’à franchir la Manche. Même l’aviateur reste masqué, avare en paroles, et n’a finalement pas la patte d’un as. Le va-et-vient de la marée prend la place libérée par l’hémoglobine et les Allemands, absents du film. Dunkerque est dans la veine d’un Mad Max Fury Road où les événements et les détails se substituent au personnage principal, pour mieux tenir le spectateur en otage de son instinct de survie.
Aux historiens qui nous soufflent que les 100 000 soldats français qui ont fait la traversée sont quasiment ignorés par le film, Nolan répondra « Pas le temps. »
Goulven





