
Un rendez-vous dans un bar, c’est tout ce qu’on pouvait attendre d’un groupe de trad’n roll comme les Humeurs Cérébrales ! Mais le début de l’interview devra attendre un peu : les Humeurs ont ouvert leur compte twitter il y a seulement quelques heures et Geoffrey veut l’alimenter avec cette rencontre. Il faudra s’y prendre à deux fois « t’as oublié le hastag leshumeurscérébrales ! », « on met les accents dans les hashtags ? ». Le second twit part, on peut démarrer.
Ce qui m’intéresse c’est de comprendre comment un groupe, qui s’est formé il y a presque 7 ans (Lara avait 13 ans !) a réussi à évoluer comme il l’a fait. De leur tout premier concert, ils ne parleront pas « c’était pas une gloire ». Ils passent au second, en off des Nuits de Nacre. « On était étonné de voir tant de gens, on ne se rendait pas compte, on ne s’imaginait pas les conséquences que tout cela allait avoir ». Au concert suivant « on avait 4 morceaux et on a tenu 2h30 avec ça, on était le seul groupe de la soirée ! ». Beaucoup des morceaux des débuts, sont des délires de potes, « un ami nous donnait un titre et on écrivait une chanson à partir de là ». Ainsi sont nés « Gilberte dans les Monédières (leur futur tube international !) ou « mon ver solitaire et moi ». Même si maintenant la naissance de leurs morceaux est un peu plus sérieuse, ils ne renient rien de cet humour potache « on essaie de rester des foufous professionnels, on ne veut pas devenir chiants ». Leurs références en la matière sont parlantes : les Trois Fromages, Les Fatals Picards, Ultra Vomit, Oldelaf… Ils rêvent d’ailleurs de featuring avec eux pour leur prochain album.
Le groupe, c’est 6 membres mais 0 subvention et ça depuis le départ. C’est une volonté affichée « on ne veut pas qu’on nous impose de chanter là où on ne voudrait pas, sous prétexte que tel organisme nous aurait donné une subvention. » Au début ça ne leur a pas valu que des amis. Pour eux, par exemple, les nuits de nacre c’était toujours en off. C’est le prix de la liberté. « On est souvent programmé par des assos qui, elles aussi, se débrouillent sans subvention, ça nous va bien, ça fait des vrais contacts, on a envie de s’impliquer pour eux pour que leur soirée fonctionne ! ». Et quand je leur parle de la soirée du conseil départemental « 100% Corrèze » ils précisent : « Attention, c’est parce que les gens nous aiment que des collectivités nous programment et pas l’inverse. On ne veut forcer personne à nous subir ! »
Laisser chacun libre, comme eux veulent être libres. Sans le savoir j’ai touché à quelque chose d’important, je ne les arrête plus : « La chanson « Élevée sous la mère » c’est pas engagé, c’est une blague. Je veux pas utiliser le pouvoir qu’on a de parler fort dans les enceintes pour dire aux gens ce qu’ils doivent penser ! Facebook, la télé, tout le monde veut te convaincre de quelque chose. Le concert ça doit rester un plaisir. Dans une chanson comme « Papy » on pousse qui veut à réfléchir, mais on ne dit pas ce qu’il faut en penser. Dans nos chansons on parle parfois de la Corrèze mais pas pour dire que c’est le plus beau département, les corréziens sont capables de se défendre sans nous, à chacun de se faire une idée. Les gens qui disent « je sais » mentent toujours ! »
Eux leur idée sur la Corrèze, elle est faite : même s’ils tournent partout en France, chez eux c’est ici ! « Ici, tout le monde te connaît mais personne t’emmerde ! ». C’est ici aussi qu’ils sont régulièrement en résidence car leur envie de progresser est évidente, comme celle de conquérir un public le plus large possible, bien au-delà de la Corrèze : « On veut montrer du très beau, on a envie que les gens soient fiers de nous. On veut avoir honte du spectacle de l’année d’avant ! ». C’est aussi pour cela que depuis 2 albums, ils parlent moins de la Corrèze « même si ça reste notre fil conducteur sur scène », ils veulent des sujets parlant pour tout le monde.
En début de rendez-vous je leur avais présenté La Trousse -qu’ils ne connaissaient pas-. « Du local, du libre, du beau, du drôle et du frais, c’est tout nous ça ! » avaient-ils conclu. Il se pourrait bien que je confirme …
Michel






