
bla bla bla…
Il était sympa Cabu, plutôt jeune pour un vieux. Et puis je le connaissais, il était un peu de ma famille : ben oui, il m’a longtemps défendu avec ses crobards antimilitaristes quand je me débattais pour faire mon objection de conscience1… Je me sentais moins seul avec ses colonels et autres généraux ridicules. Et puis il aimait pas trop les flics non plus, alors ça nous rapprochait. Il faisait rire ma petite sœur quand il intervenait sur le petit écran. Non vraiment Cabu, il était sympa ! Bon alors d’accord, mais quand on est sympa et drôle, on meurt pas d’une rafale de Kalachnikov ! Et puis quand on est sympa, les messages passent mieux. Donc pour respecter sa mort, on applaudit pas la police qui a juste fait son boulot. Quand on aime Cabu (et les autres) comme plusieurs millions de Français l’ont – semble-t-il – exprimé dans la rue, quand des chefs d’état – tous des démocrates convaincus, hein – défilent au nom des principes de liberté d’expression, on porte pas plainte le jour suivant contre Dieudonné, quelle que soit la connerie qu’il ait pu dire ! Quand on veut respecter la mémoire de cet homme (et des autres), pacifiste et anticlérical dans l’âme (oups, j’ai dit « l’âme »), on parle pas deux jours après du retour de l’ordre et de la morale – putain ! Et du service militaire non plus ! Quand on est son ami éternel (n’est-ce pas Philippe Val ?), on profite pas de ce que les médias nous interrogent pour utiliser la compassion du peuple et baver des théories de merde ! Comme par exemple dire que le problème de ces jeunes radicaux n’est pas un problème social et/ou sociétal mais un problème de culture et de religion (re n’est-ce pas Philippe Val ?) : demande-toi si, pour les frères Kouachi, c’était un problème culturel ! Eux qui, pendant six ans, ont été pensionnaires d’un centre éducatif en plein cœur de la Corrèze… Ils auraient dû finir « démonteurs de caténaires » selon ta théorie…
Quand on a aimé Cabu (et les autres) on fait pas tout ça… Bon, ben ça n’a pas eu lieu alors…
Saloperie de compassion de masse ! J’ai pleuré à l’annonce de la mort des drôles de Charlie – je ne le lisais plus vraiment depuis un moment (tiens Philippe Val ? Un rapport ?). Je me suis même déplacé naturellement à Tulle, pour ne pas être seul avec ça. Puis je ne suis pas allé à leur rassemblement du dimanche pour réclamer une liberté qu’ils ne sont pas près de nous rendre.
Eh Cabu ! Euh rien… Tu ne croyais pas en dieu, tu n’existes plus… Pour eux !
Pluton 427
- 1 Pour les plus jeunes : On n’objectait pas grand-chose mais qu’est-ce qu’on glandait !



