
La Charte pour une arboriculture « Pomme du Limousin » mieux intégrée à son environnement a dernièrement réuni un syndicat et des coopératives agricoles, des riverains des zones de pomiculture et des élus. Le Syndicat de défense de l’AOP « Pomme du Limousin » nous explique le déroulé de la Charte dont il est signataire et le relaie pour les pomiculteurs, par la voie de sa directrice, Agnès Donzeau.
La Charte a été signée en mars 2017 et elle réunit des syndicats, des coopératives de pomiculteurs et des associations de défense des riverains. La préoccupation principale de cet engagement pour Agnès Donzeau c’est la bonne entente entre pomiculteurs et riverains des parcelles de pommiers. Ces deux dernières années le syndicat a déjà dû intervenir sur cinq conflits entre agriculteurs et riverains. Il faut dire que les habitants des zones agricoles représentés par les associations ONGF Allassac, Alerte des médecins sur les pesticides, Phyto-victimes et l’Association des maires et des présidents d’intercommunalités, craignent les traitements phytosanitaires répandus dans les pommiers puisqu’ils peuvent être cancérigènes et perturbateurs endocriniens. Alors le syndicat agricole se dit maintenant prêt, avec ce nouvel outil qu’est la Charte, à faire de la médiation au cas par cas par le biais d’un Contrat local Individuel de Management Environnemental.
Alors de quelle façon la Charte sera intégrée par le monde agricole ? Entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin, tous les agriculteurs membres du syndicat vont recevoir la Charte et auront jusqu’à la fin du mois de juin pour la signer. Toutefois, Agnès Donzeau précise que l’adhésion à la Charte n’est pas obligatoire. Un pomiculteur signataire de la Charte pourra être soutenu par la filière en cas de conflit avec un riverain et entrer dans une cellule de médiation. A contrario, un pomiculteur qui ne s’engage pas dans la Charte sera pleinement responsable en cas de conflit avec un riverain. Mais d’après Agnès Donzeau il devrait y avoir une large adhésion de la part des agriculteurs adhérents au syndicat, puisque leurs parcelles seraient déjà toutes agréées « verger éco-responsable ».
Par la Charte un arboriculteur s’engage (d’après le dossier de presse de la Charte pour une arboriculture « Pomme du Limousin » mieux intégrée à son environnement) : à mesurer la force du vent avant toute décision de traitement phytosanitaire, à faire les observations des maladies et ravageurs pour estimer le risque sur les parcelles, à ne pas traiter, sauf cas de force majeure, le dimanche et les jours fériés, à traiter une seule face des rangs côté habitation, comme le long des routes et des chemins longeant ou traversant les vergers, à réduire les surfaces soumises à désherbage chimique dans le verger, et les proscrire dans la périphérie des parcelles (talus, poteau, fossés, avaloirs… ), maintenir ou développer des méthodes de désherbage mécanique, à la plantation systématique d’une haie entre le verger et la limite de propriété de la parcelle (cf guide technique sur l’implantation des haies) ; et sur demande du riverain, à la pose d’un filet antidérive, dans l’attente que la haie joue son rôle de protection (hauteur suffisante).
Les riverains quant à eux, s’engagent à promouvoir la Charte, condamner le vandalisme et les incivilités dans les vergers et à développer ou maintenir des relations courtoises avec les agriculteurs. Les élus devront être vigilants dans les projets d’urbanisme, afin d’éviter le mitage entre les zones agricoles et les zones habitées.
Penser : lien vers charte
Une charte qui fait mine de réels progrès dans le domaine de la protection de l’environnement. Mais à y regarder de plus près, le progrès n’est pas flagrant car comme il est écrit en gras dans le dossier de presse de la Charte : « Cette charte vise à donner tous les outils permettant tant aux pomiculteurs qu’aux riverains et élus de respecter la loi. » Les engagements décidés ne seraient donc que des rappels à la loi et au bon sens en matière environnemental. Et il faut noter que le principal objectif de la Charte, pour reprendre les propos d’Agnès Donzeau et le communiqué de presse, c’est : « apaiser les relations entre les professionnels et les autres acteurs du territoire » . On comprend alors que l’esprit du contrat n’est pas tellement ou pas directement la protection de la nature, ni la bonne santé de l’Homme. Il semble que cela soit plutôt une nouvelle façon de valoriser l’AOP « Pomme du Limousin », une marque déposée.
Bernard Longpré s’est montré méfiant, il n’était d’après lui-même pas le mieux placé pour répondre à mes questions, il m’a donc renvoyé vers Lionel Lassourreuille, Directeur technique à Perlim et communicant. Ensuite M. Lassourreuille m’a renvoyé vers Laurent Rougerie, Président du syndicat de défense de la pomme du Limousin. Puis M. Rougerie, parce qu’il n’avait pas le temps, m’a filé le numéro d’Agnès Donzeau, Directrice du syndicat, et enfin j’ai eu des réponses complètes. Il faut dire que Perlim est signataire de la charte en tant que membre du syndicat de la pomme du Limousin.
Florian Rochet



