
De nombreuses émotions nous traversent chaque jour et si nous n’y prenons pas garde, elles risquent de s’amasser et de confectionner en secret des bombes à retardements. Les émotions ont besoin de s’écouler au fur et à mesure qu’elles apparaissent, sinon les effets « cocotte minute » et « vol en éclats » se vérifient. Il est essentiel de respecter ses mouvements de vie, développer notre intelligence émotionnelle : se mettre à l’écoute, apprendre à identifier nos émotions, mettre des mots dessus, décoder les besoins cachés, s’apaiser, agir, se dépasser …
À l’origine …
Émotion et motivation tirent leur racine latine commune de Movere, bouger, mouvoir. L’émotion permet de nous mettre en mouvement et met à jour ce qui nous motive profondément. La vie émotionnelle mobilise toute une énergie en vue d’actions . C’est une réponse automatique et immédiate de l’organisme à un stimulus qui associe de manière intégrée et simultanée, une dimension privée d’éprouvé psychique et une dimension publique expressive et comportementale : posture, geste, expression faciale et sonore … Elle transmet donc un état affectif multidimensionnel et s’accompagne de manifestations physiologiques, cognitives, expressives et subjectives.
La neuroscience des affects, qui étudie les émotions et les humeurs, permet d’apporter un nouvel éclairage sur les processus émotionnels et de comprendre que les circuits afférents évoluent au cours du développement cérébral. Ainsi, les bases neuronales de l’émotion impliquent à la fois les zones du cerveau reptilien et limbique pour la régulation des fonctions instinctuelles, et celles du néocortex en ce qui concerne le contrôle rationnel des émotions. Ces dernières fonctions dites « supérieures » seront seulement à maturité à la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte.
La connaissance de soi et les émotions
Les émotions nous informent sur ce qui se passe à l’intérieur de nous. Elles nous permettent de mieux nous connaître. Elles se font messagères de comment nous ressentons les événements du quotidien et nous permettent de nous y adapter. Elles sont aussi des indicateurs de nos besoins et nos envies. Et si nous les prenons en compte à juste titre, nous éviterons d’être piégés dans le cercle infernal de la frustration, du ressentiment, de la culpabilisation… Elles sont encore des voyants lumineux sur un tableau de bord qui nous informent sur ce qui nous motive profondément. Quand nous n’avons pas pris le temps de prendre en compte ces signaux d’alertes, elles se transforment en alarmes puissantes pour nous rappeler nos oublis et défis.
De fait, nous n’avons à porter aucun jugement moral sur nos émotions car elles font partie du déploiement ordinaire. De la même manière, il n’existe pas d’émotions négatives ou positives. Il est plus juste de parler en terme d’agréable ou désagréable. Celles que nous éprouvons comme agréables correspondent à un état de satisfaction où nos besoins ont été considérés. Par contre, si nous ne les écoutons pas, nous risquons d’être déroutés par des émotions désagréables.
Nos émotions sont donc la voie royale pour la connaissance de soi. Écouter ses émotions et apprendre à les réguler offre un accès à plus de conscience de soi, et ouvre vers des choix et des prises de décisions en lien avec nos appétences. L’intelligence émotionnelle est donc affaire d’apprentissage et d’entraînement.
C’est pour toutes ces raisons qu’il est énormément important de favoriser l’expression des émotions chez l’enfant afin que soit apprivoisée dès le plus jeune âge, toute cette dimension émotionnelle qui engendre plus de conscience et d’autonomie.
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« encadré »
Les émotions de base
Paul Eckman, l’un des pionniers dans les recherches de psychologie sur les émotions, a élaboré la première liste des 6 émotions de base : joie, tristesse, peur, colère, dégoût, surprise. Elles sont une disposition universelle et innée du cerveau. Elles informent à autrui l’état émotionnel interne par des expressions faciales universelles. C’est pour cette raison que tous les humains sur terre peuvent se comprendre en deçà du langage. Elles sont le fondement du développement des autres émotions, les émotions secondaires ou sociales (honte, culpabilité, jalousie, …) qui se développent au cours de la vie par interaction avec l’environnement.




