
L’info nous est parvenue dans la journée : ce samedi 11 janvier 2020, à Tulle, salle Marie Laurent, cérémonie des vœux du parti socialiste en présence de François Hollande.
Conviés ou pas (en fait pas) nous décidons de nous rendre sur les lieux, tout comme une poignée de syndicalistes (CGT et Solidaires) et de Gilets Jaunes et achevons de remplir une salle constituée d’un auditoire aux cheveux blancs.
Tour à tour, c’est d’abord Bernard Combes, maire de la ville, puis Paul Roche, secrétaire départemental et enfin François Hollande himself qui nous présentent leurs vœux les plus sincèreuh, sur fond d’une analyse politique affligeante de bout en bout.
Jugez plutôt.
En résumé, ces messieurs viennent (ceci dit mieux vaut tard que jamais) de prendre conscience des crises écologiques, économiques, sociales et politiques que nous traversons et apporteraient presque leur soutien (de principe sûrement) aux mouvements sociaux en cours qui tentent de réveiller une société en état de léthargie. Car les coupables, voyez-vous, s’appellent Macron, Philippe, Trump et autres Bolsonaro. Dommage vraiment que nous ne leur ayons pas redonné les clefs du pouvoir à eux, le PS, parce qu’on aurait pu s’attendre alors à de vraies mesures sociales à la hauteur des attentes et des besoins du pays.
La cérémonie atteint son point d’orgue lorsque l’évocation de François Mitterand par son successeur déclenche les applaudissements nourris de la salle, sous l’œil fasciné d’une caméra télé. À croire que toutes ces personnes (un peu âgées quand même, répétons-le) n’entendent pas très bien ce qui se dit à la tribune, tant les ficelles sont grosses. D’ailleurs, syndicalistes et Gilets Jaunes quittent la salle, écœurés par tant de cynisme et renoncent à perturber l’événement (dommage, c’était pourtant une belle occasion).
Hey Hollande ! Tu crois réellement que quiconque possède un cerveau en état de fonctionnement a oublié ce qui s’est passé pendant ton mandat ? Macron et ses sbires continuent à saboter le monde du travail et ce qu’il reste de protection sociale, certes, mais tu leur as bien préparé le terrain, non ? La destruction du code du travail, c’était pendant ton mandat présidentiel ou pas ? L’utilisation répétée et ô combien abusive de l’article 49.3 pour passer en force des lois scélérates contraires à l’intérêt général, ça te dit quelque chose ? Un ministre nommé Valls à la tête d’une police brutale contre les manifestations publiques, ça te parle ? Et la loi « renseignements » qui – sous couvert de lutte contre le terrorisme – permet tous les abus quant au fichage de la population, c’était qui déjà ?
Mais vous y croyez vraiment tous les trois quand vous ré-écrivez l’histoire à ce point ? Oh ! Et puis franchement le coup de l’épouvantail Rassemblement National ça marchait il y a quelques années encore mais on n’y croit plus là !
En fait, tous ces propos sentent le renfermé, le « qui tourne en rond » ou pire ! : Le foutage de gueule de politiciens qui mentent à tours de bras en utilisant les éléments de langage du moment pour se frayer un passage jusqu’aux prochaines élections.
Hey les gars ! Si vous étiez allés dans la rue un jour, vous auriez entendu ce refrain qui vous aurait dispensé tant d’efforts inutiles : désormais, « tout le monde déteste le PS ! ». Vous nous avez trop déçus.
Alors, de grâce, quittez la place et laissez maintenant la société civile tenter d’endiguer le naufrage sans vous.
Et merci quand même pour la part de galette : on a même eu la fève !




