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La Trousse Corrézienne

Local, LTC 28 · 13 mars 2020

Parlons peu mais parlons bière #7

Parlons peu mais parlons bière #7

Du tout nouveau tout beau dans ce septième épisode (eh oui, déjà sept, ça file) de « Parlons peu mais parlons bière », puisque nous partons aujourd’hui à la rencontre de Stéphane Habran et Clémence Vuillemet qui viennent d’ouvrir la brasserie HV à Saint-Germain-les-Vergnes.

Il y a longtemps que j’en entendais parler mais sans vraiment avoir plus de détails que ça : une micro-basserie serait en train de se monter à Saint-Germain. Finalement, peu après la rédaction du précédent article, la nouvelle m’est parvenue. Ô joie ! Un nouveau brasseur et, qui plus est, à un quart d’heure de la maison ! Et c’est tout à fait par hasard, au début du mois de décembre, que je croise un jour Stéphane à la scierie de Laurent et François Estorges à Sainte-Féréole, alors que nous allions tous deux nous approvisionner en chevrons locaux pour nos bricolages respectifs. On discute un petit peu et il m’annonce qu’il a sorti trois bières pour le lancement de son activité ; une bière de Noël, une summer session aux fruit exotiques et une IPA. Pour une première, ce sont des choix originaux qui se démarquent du traditionnel blonde-blanche-ambrée. C’est donc plein de curiosité que, quelques semaines plus tard, je démarre une nouvelle fois ma fidèle 4L pour me rendre à Laborde, sur la commune de Saint-Germain où Stéphane et Clémence m’attendent.

« De la micro-brasserie artisanale, de la vraie »

À coups de GPS (en 4L peut-être mais une 4L 2.0) on tombe facilement sur la brasserie au 20, route de Laborde, mais de prime abord rien ne la distingue des autres maisons familiales des environs. Un beau corps de ferme en bord de départementale, pas d’enseigne, une grande grange et un beau portail tout neuf. Toute la famille vient m’accueillir au portail (car Stéphane et Clémence ont deux belles et pétillantes petites filles) malgré la pluie et la distance non négligeable qui sépare le portail de la maison.

Après les formalités d’usage, nous attaquons une petite visite des installations, et je ne suis pas déçu de la visite. L’espace vente-dégustation est chaleureux et agréable, tout en bois, bien construit et tout fait maison. Pareil pour l’espace de brassage, tout l’aménagement en bois apporte vraiment un cachet très agréable au lieu. Stéphane et Clémence ont emménagé depuis un an et demi et on peut dire qu’ils n’ont pas chômé.

Nous discutons, tout en parcourant les différents espaces de fabrication et de stockage, et je comprends très vite que j’ai affaire à deux passionnés. Ils aiment la bière, ils aiment en faire et ils font ça en famille et à échelle humaine, de la micro-brasserie artisanale, de la vraie.

Leur production sera volontairement petite puisqu’ils tablent sur un volume annuel de 30 hl (là où la brasserie des anges en produit 50 et la brasserie corrézienne 1 500). Venus rechercher le calme, la nature et un bel endroit pour élever des enfants après dix ans de vie à Montpellier, ils élèvent désormais quelques poules et moutons, ont un grand potager et brassent de la bière. Le bonheur corrézien à portée de la main ! C’est donc une volonté de faire du brassage à petite échelle, comme source de revenu complémentaire (Stéphane est conducteur d’engins dans une entreprise de BTP pour faire bouillir la marmite alors que Clémence s’occupe de la gestion et du lancement de l’activité de brassage).

La bière de la brasserie HV sera bientôt labellisée bio, ou tout du moins tel est leur objectif puisqu’ils visent le label bio Nature et Progrès (comme Joachim de la brasserie de la Vézère) et font tout pour avoir une fabrication la plus vertueuse possible. Par exemple, ils utilisent l’eau de leur puits dans les circuits de refroidissement ou nourrissent leurs animaux avec les drêches (déchets de brassage). Bref, un bel esprit les anime.

« Les nouveaux brassins sont en route »

Après toute cette visite, je frétille d’impatience à l’idée de pouvoir déguster ces bières dont Stéphane m’avait parlé avant les fêtes (quand je dis que je frétille, c’est une expression, n’allez pas m’imaginer en train de faire la truite sortie de l’eau alors que je suis chez des gens). Et c’est là que la sentence tombe… Ils sont déjà victimes de leur succès, comme on dit. Ils ont vendu toute leur production avant les fêtes et les marchés de Noël ont été un vrai succès. Je me retrouve donc partagé entre la joie de voir que leur affaire prend un bon départ et la déception de ne pouvoir goûter à leurs attrayantes recettes. Ils m’assurent que les nouveaux brassins sont en route, avec de nouvelles recettes : une blonde, une ambrée, une brune et ils reconduisent l’IPA. Je n’ai plus qu’à prendre mon mal en patience et attendre la mi-mars.

Quelle belle rencontre que cette famille de brasseurs, car oui, c’est toute la famille qui s’y met, y compris les deux filles (de mémoire une de cinq ans et une de sept ans, à un ou deux ans près…). Elles s’amusent en concassant le malt avant l’empâtage. Cette étape est réalisée avec un petit concasseur (un genre de gros entonnoir carré avec deux rouleaux dentés au fond qui broient le grain) entraîné à l’aide d’une visseuse portative. C’est très fièrement que la plus grande des deux m’en a expliqué le fonctionnement (et visiblement faire tourner la visseuse c’est super marrant). Je parie que d’ici à une dizaine d’années, si vous vous demandez encore la différence entre une lager et une pils, vous pourrez aller lui demander conseil.

Un peu frustré de l’absence de dégustation mais heureux de la rencontre et de la découverte, je reprends la route vers de nouvelles aventures zytologiques (oui, oui, toujours en 4L… je vois que vous suivez). D’ici le prochain épisode, je vous souhaite de bonnes dégustations, toujours avec modération, bien sûr.

ENCADRE :

BREAKING NEWS !!!

Tout juste sorti de l’œuf ! Le Brew Pub de la Banou à Brive-la-Gaillarde vient d’ouvrir ses portes ce vendredi 28 février. Mais c’est quoi un Brew Pub ? C’est un pub qui brasse sa propre bière sur place (comme la brasserie du Causse à Larche). Découverte en détail dans un prochain numéro de votre « Trousse » préférée, mais n’hésitez pas à aller voir par vous-même, c’est au 37, boulevard du Maréchal-Foch.

Olivier Garcin

Le Brew Pub de la Banou

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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