Cheminots forever
Par Bel Ami
Chez les cheminots corréziens, la bataille contre la réforme des retraites continue, tous ceux qui sont en grève ne sont pourtant pas concernés. Les premiers mois sans salaire sont arrivés (les caisses de grève ne servent que pour les cas d’urgence identifiés) et si le mouvement est aujourd’hui moins suivi il n’est pas pour autant abandonné : tout ce petit monde tente de s’organiser autrement.
Ceux qui sont embauchés à partir de 2020 sont régis par la convention collective des travailleurs ferroviaires rédigée par le seul patronat, à un niveau moins que plancher (salaires en baisse, très peu d’évolution de carrière, déqualification de nombreux postes, polyvalence problématique des métiers de sécurité)… Un exemple de changement : « Avant, les essais de freins, systématiques, se faisaient toujours à deux : le conducteur et un employé chargé de la sécurité mécanique, dorénavant la maintenance sera faite par le seul conducteur… On sait bien qu’une personne seule sera bien plus perméable à la pression et donc susceptible de faire des erreurs. ». « De plus, notre avantageux statut de salarié va être détruit lui-aussi, la casse commence toujours par-là, et ça va continuer à se dégrader vers toutes les formes de salariat, jusqu’à arriver au contrat zéro heure comme les anglais… »
À Tulle comme ailleurs, à la demande du conseil général, les guichets connaissent une vague de fermeture. Les plages horaires où l’on peut encore croiser quelqu’un sont souvent inadaptées aux usagers et la volonté est de digitaliser au maximum la vente de billets. Cette politique pose évidemment le problème de l’exclusion que ceci engendre auprès des personnes âgées, handicapées, illettrées, pauvres, ou même celles et ceux qui ont décidé de se passer de smartphone… Les usagers se plaignent, des agents sont même agressés verbalement voire plus. Un employé de la SNCF de Limoges, agressé lui aussi un jour où il tenait seul le guichet, a même démissionné.
La suppression du direct Tulle-Bordeaux est envisagée en décembre 2020.
Tulle et Gueret seront donc deux préfectures qui ne desserviront plus la capitale de région… C’est la continuité de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM) de Hollande qui consiste à recentrer tous les services sur celles qui produisent le plus de richesse.
Et roule ma poule… À moins que…
Et si on arrêtait d’écouter les grands médias nous raconter que les cheminots sont privilégiés ? Et si on organisait la solidarité massive à leurs côtés pour défendre ce bien public ?
La Trousse a 5 ans
Par Philippe Van Assche
Mars 2015. Au lendemain des attentats de Charlie. Nous étions neuf. Nous sortions d’une gestation assistée par nos amis voisins du Lot, auteurs alors d’un 32 pages mensuel. Nous étions prématurés, en couveuse avec eux. J’avais eu l’honneur d’écrire le premier édito manuscrit tournant : « c’est avec une certaine émotion que je fais glisser mon stylo sur cette feuille. Si j’en suis là, si vous me lisez en cet instant, c’est que nous avons réussi. Réussi à écrire ensemble ce journal tant désiré. Une poignée de citoyens pour un canard citoyen ». Cinq ans après, nous sommes toujours de papier, vivants, beaucoup plus nombreux et plein d’une vitalité toujours renouvelée. Nous avons effectivement tracé le sillon d’un journalisme citoyen qui donne au lecteur, plus qu’une vérité, les moyens de se la construire (pour éviter la répétition avec fabriqué qui est dans la phrase d’après). Nous avons acquis l’expérience d’une subjectivité éclairée, fabriquée d’un point de vue, d’une distance et d’un angle d’attaque. Et demain l’ouvrage sera encore sur le métier. Longue vie à La trousse !
Et de deux
Les éboueurs de l’Agglo de Tulle à peine remontés dans leurs bennes lestés de quelques dizaines d’€uros supplémentaires, les agents municipaux de la ville-préfecture leur ont emboîté le pas. Menée par les syndicats CGT et Sud, la grève a duré quatre demi-journées avec blocage de la Mairie, des services techniques, AG quotidiennes et feux de joie en prime.
Bilan : plusieurs titularisations et embauches, et augmentation du régime indemnitaire (1) ; comme pour les éboueurs, augmentation inversement proportionnelle au grade pour bien montrer qui produit vraiment de la valeur.
Toute allusion à un geste de paix sociale pré-électoral de l’édile candidat à sa succession n’est que pure supputation. De même que la discrétion de l’allié PCF au piquet de grève pour cause de solidarité municipale. L’important pour les agents c’est d’avoir gagné.
(1) Le point d’indice qui détermine le salaire étant bloqué nationalement depuis des années, seul le régime indemnitaire (RI) reste à la main du patron local de la collectivité.
Édouard n’a pas fait de vieux os
Serait-ce le fruit d’une malédiction due à une supposée exhumation des os d’un vieux cimetière sur le terrain même de la grande surface, ou bien l’incompétence de décideurs économiques, mais c’est sans surprise que le Leclerc Lubersac fermerait ses portes prochainement après quatre années d’existence.
La bogue aux trousses
par Stéphane et Charlotte
La Trousse corrézienne a envie de développer des échanges avec d’autres médias présents sur le territoire limousin ; c’est dans cette optique que nous avons rencontré des membres de l’équipe de La Bogue.
Ce média alternatif et autonome est basé en Haute-Vienne et sévit sur l’Internet depuis 2018. Partant du constat – entre autres manques – qu’il n’existait pas de suivi des actions militantes en cours et passées, il publie les témoignages ou réflexions de qui veut bien les écrire tant qu’est respectée la charte originelle. Les articles sont modérés collectivement pour faire en sorte qu’ils soient le plus clairs et fiables possibles et éviter tous propos sexistes, racistes, colonialistes, autoritaristes, âgistes, etc…
Cet espace de paroles d’expressions potentiellement plurielles en fait un média participatif comme La Trousse dans son genre à elle (journal papier, non militant mais engagé). Sur le constat de ces pratiques voisines, nous avons convenu d’échanger des articles quand faire se pourra. La Trousse publiera donc régulièrement dans ses colonnes des articles piquants sur les luttes locales et La Bogue relaiera, quant à elle, certaines de nos enquêtes de terrains ou autres coups de gueule…
Nous souhaitons ainsi défendre ensemble une information citoyenne, libre et indépendante.





