Les violences sexuelles : comportements, attouchements…
Malgré de nombreux rappels à la loi contre les agressions sexuelles et les violences (viols, attouchements, etc.), celles-ci sont commises chaque jour, et de nombreuses fois dans l’année, y compris au collège. Comment passer par-dessus ce sujet tabou et en parler avec les adolescents, et surtout, comment les prévenir du danger ?
Les adolescents sont-ils au courant de ce qui se passe ?
Lors d’une intervention au collège sur la vie affective et la sexualité, les adolescents d’un groupe (une quinzaine au total) sont amenés à voter sur plusieurs affirmations, telles que : « Cette fille me plaît, je veux m’amuser, je peux la toucher comme je veux et quand je veux » ; ou encore : « Mon copain me demande de lui envoyer une photo de moi nu(e). Je n’ai pas envie, mais je vais le faire car j’ai peur qu’il/elle me quitte. » Les résultats montrent que tout le monde dit non ou presque. Un autre jour, dans un autre groupe, la majorité des élèves est du même avis. Les adolescents sont donc bien au courant des dangers et des traumatismes consécutifs aux agressions sexuelles.
À quel moment une agression ou un viol est-il considéré comme tel ?
Les adolescents sont bien au courant de ce qu’est un délit et un crime. Selon eux, un délit correspond en général à un attouchement (attouchements des parties intimes sans le consentement de la personne en question) et un crime correspond à un viol (acte de pénétration). Mais puisque les adolescents sont au courant (lors des interviews), pourquoi autant d’incidents se produisent et pourquoi des adolescents transgressent-ils la loi ?
Quand on a présenté une image montrant une « main aux fesses », une minorité des garçons interrogés ont dit de manière provocatrice que c’était normal alors que c’est un délit. En effet c’est un attouchement, donc puni par la loi.
Il faut parler des agressions sexuelles aux adolescents de manière à ce qu’ils ne soient pas gênés, car plus tard leurs transgressions pourront être punies par la loi. Mais le plus important au fond c’est de respecter le corps de l’autre, donc de le respecter lui, et au final se respecter soi-même.
Et au collège ? On en parle ?
L’un des premiers moments où l’on commence à parler de sexualité est au collège, grâce au cours de sciences de la vie et de la Terre (SVT), aux interventions sur la sexualité et aux questions que se posent les adolescents…
Est-ce trop tôt d’en parler au collège ?
Parler de sexualité au collège n’est pas trop tôt car, au contraire, les ados commencent à se poser beaucoup de questions à ce moment-là de leur vie : la période du collège (douze-quinze ans). Notamment grâce aux cours de SVT et aux interventions sur la vie affective et la sexualité, les ados apprennent et découvrent de nouvelles choses liées à la sexualité. C’est aussi à cet âge que le sujet s’aborde entre camarades : la sexualité est en effet un sujet difficile à aborder en famille. Au collège, le tabou est moindre. Cependant les adolescents ne prennent pas le sujet de la sexualité au sérieux, c’est pourquoi c’est justement le bon moment d’en parler : avertir les jeunes pour les protéger des dangers, et plus largement les délivrer de l’ignorance.
Ainsi, à partir de la fin de la 3e la plupart des ados atteignent la majorité sexuelle, à savoir quinze ans. C’est donc un avantage d’en parler au collège, car les ados sont moins gênés de poser certaines questions qu’ils n’osent pas adresser à leurs parents (« Comment se protéger ? ; Comment s’y prendre ? ; Ça fait quoi la première fois »), ça limite aussi les dégâts de l’insouciance de leurs actes.
Qu’apprenons-nous sur la sexualité en cours de SVT?
« Parler de sexualité avec des adolescents est très délicat car on ne sait pas toujours par où commencer, ni comment aborder le sujet. On a peur de leurs réactions et parfois même des questions qu’ils peuvent poser. Mais tout de même, on peut être surpris de la maturité dont ils peuvent faire preuve face à ce sujet. » Voici ce que dit un professeur de sciences de la vie et de la Terre sur la manière dont il transmet ses savoirs aux élèves : « Je ne l’aborde pas directement car ma position est difficile pour parler de ce sujet. J’en parle néanmoins dans l’aspect mécanique en 4e et je donne accès à un site Internet qui répond à d’éventuelles questions qu’eux-mêmes peuvent poser. »
Au collège les élèves n’apprennent pas vraiment la sexualité en SVT. Ils apprennent l’anatomie masculine et féminine : schéma de la reproduction, ce qu’est le clitoris, les premières éjaculations, les caractères sexuels primaires et secondaires (par exemple, les premières règles chez les filles, la poitrine qui se développe, grossissement du pénis, les poils, etc.), mais pas à faire l’amour et heureusement ! Malgré tout, les professeurs ne sont pas fermés à d’éventuelles questions et nous renvoient à des outils, comme le site www.onsexprime.fr qui peut aider les adolescents quand ils n’ont pas l’audace d’en parler aux grandes personnes. D’après Yaëlle Amsellem-Mainguy (spécialiste chargée d’études et de recherche à l’INJEP qui a mené une enquête spécifique, « Enquête sur la jeunesse ») les cours ne portent que sur la sexualité hétéro dans notre société, elle parle d’une sexualité hétéronormée : on ne parle que de pénétration (pénis, vagin). Or il y a de plus en plus d’homosexualité assumée.
Au collège, nous apprenons le fonctionnement du corps humain mais pas la sexualité en elle-même.
1. INJEP : Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire
2. Hétéronormée : adjectif qui définit ce qui est considéré comme normal (ici la relation homme-femme)
Journal de bord
Première rencontre
14 novembre
Nous avons rencontré des journalistes qui travaillent pour « la Trousse corrézienne ». Ils nous ont parlé du métier de journaliste. Ils nous ont expliqué comment recueillir la parole des autres et les règles à suivre pour écrire un article de presse : il faut bien savoir comment rédiger un article, respecter les règles de confidentialité et interviewer des personnes. Nous avons trouvé cela compréhensible.
Intervention sur la sexualité et la vie affective
21 décembre
Entre-temps une intervention sur la sexualité a été organisée par une intervenante extérieure, nous avons parlé de la sexualité et de la vie affective en donnant notre avis avec des cartes de couleurs différentes sur plusieurs sujets tels que la pornographie ou l’homosexualité. Certains mots et certains thèmes nous ont fait rire, de gêne parfois.
Naissance d’un thème
Nous nous sommes à nouveau rencontrés avec Cyril et Didier, de « la Trousse », et nous avons choisi plusieurs thèmes différents pour le dossier — en l’occurrence ce qui intéresse les élèves. Il y avait le sport, les nouvelles technologies (le numérique au collège), l’agriculture locale et la sexualité. Nous avons finalement choisi en votant : la sexualité.
Début du travail
12 février
Nous avons constitué huit groupes pour les différents sujets autour de la sexualité. Chacun a choisi un sujet et s’est mis à travailler avec ceux qui avaient choisi le même. Chacun formulait des questions afin d’interviewer des personnes.
Questionnaire
13 février
Chacun des groupes a élaboré un ou plusieurs questionnaires pour pouvoir interroger des personnes. Il fallait des questions pour des adolescents, des adultes et des professionnels des thèmes choisis (par exemple l’infirmière du collège). Faire les questionnaires s’est avéré plus facile que d’aller poser les questions en vrai.
Lire un dessin de presse
5 mars
Un peu plus tard nous avons étudié des dessins de presse particuliers qui dénonçaient des problèmes de société, nous les avons décrits et nous en avons parlé. C’était des dessins de presse de « Charlie Hebdo ». Ça nous a intéressés.
Mise en commun des interviews
8 mars
À la rentrée, chaque groupe a mis en commun les réponses des interviews faites pendant les vacances afin de compléter un dossier qui nous permettrait de comparer les réactions des personnes interviewées et d’écrire nos articles.
La préparation
12 mars
Tous les groupes se sont mis à réfléchir, à parler et à écrire. Quelques-uns avançaient rapidement tandis que d’autres étaient plus lents. Grâce aux réponses des personnes interrogées les groupes commençaient à rédiger leur vrai article. Certains dessinent des illustrations dont quelques-unes impressionnantes. L’ambiance était à la discussion.
Dernières modifications
27 mars
Les élèves retouchent une dernière fois leur article afin de corriger quelques détails. C’est très serré, le temps était compté.
Finalisation
5 avril
Nous nous sommes réunis dans différentes salles afin de relire et d’améliorer tous nos articles avec des personnes de « la Trousse corrézienne ». C’est le moment du comité de relecture. Nous sommes attentifs ; certains aiment découvrir tous les articles, d’autres préfèrent retravailler leur propre texte.







