
Réunion citoyenne à Sexcles en ce lundi 14 janvier. L’ordre du jour indique deux objets : l’enquête publique au sujet du parc éolien industriel du Deyroux et le problème du transport.
Dans l’ambiance actuelle de demande de démocratie, des habitants du village ont exprimé le besoin de se retrouver pour discuter des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Les échanges vont bon train. En fin de réunion, Mme la Maire fait une discrète apparition et communique la parution de « la Lettre aux Français ». La lecture rapide du courrier entraîne immédiatement des commentaires dans l’assistance. Quatre thèmes sont pointés : la fiscalité, les services publics, la transition écologique et la démocratie. Les participants se proposent d’y réfléchir ensemble. Sans savoir qu’il s’agit en réalité d’un dispositif pensé du début à la fin par nos dirigeants. Personne n’a encore entendu parler de la plateforme du « grand débat national ».
Or c’est exactement ce que « demande » la lettre ! Se réunir par injonction n’est pas tout à fait la vision partagée d’une démocratie. Les habitants de la Xaintrie auraient pourtant bien des choses à dire sur la façon dont veut leur être imposée « une » transition écologique par l’éventuelle implantation d’un parc industriel destructeur de biodiversité. Quant aux services publics, il n’est pas nécessaire de sortir de l’ENA (ou plutôt, il serait sûrement nécessaire de ne pas sortir de l’ENA) pour savoir que nos campagnes en sont de plus en plus éloignées. La dématérialisation grandissante et la difficulté à se connecter pour un grand nombre de personnes (pas l’habitude, pas l’aisance) faisant partie intégrante de cette fracture. Enfin, que pouvons-nous dire sur la fiscalité quand il est répondu par anticipation que le gouvernement ne reviendra pas sur les mesures qu’il a prises ?
À l’heure de la parution de La Trousse, tout a certainement été dit sur « la » lettre. Mais qu’est-ce qu’elle nous dit, à nous, cette lettre ?
« Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune1. » Ah oui ? Parce que chez nous, on procède aux regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI). Chez nous, les écoles ferment des classes. Chez nous, les enfants font des kilomètres matin et soir pour s’y rendre…
Aujourd’hui à Sexcles, plus personne ne semble parler d’organiser des rencontres thématiques : l’impératif présidentiel aura certainement rompu l’élan.
1 – Extrait de la lettre, p1, § 4.
Violette





