
C’est un pays récemment épinglé par un rapport de l’ONU, l’organisation révolutionnaire internationale bien connue, pour un « usage disproportionné d’armes non létales » lors d’opérations de maintien de l’ordre, et une loi « portant atteinte à la liberté de manifester ».
Une idée ? Non, ce n’est pas un régime autoritaire du tiers monde. Un autre indice ?
C’est un pays qui à récemment recensé plus de trois mille SDF dans sa capitale alors que, hiver oblige, tous les centres d’hébergements d’urgence sont ouverts et complets. Trois de ces dirigeants actuels ou récents avaient pourtant déclaré solennellement qu’ils ne voulaient plus voir des gens dormir dans la rue¹. Et de jurer la main sur le cœur que tout serait fait pour atteindre ce but. Échec ! Puisque les dernières statistiques officielles publiées en 2013² montrent qu’entre 2001 et 2012 le nombre de SDF a augmenté de 50 % pour s’établir à plus de 140 000.
Toujours pas d’idée ? Encore un indice ? C’est un enthousiaste pays signataire de la COP21 mais qui a décidé de prolonger la vie de ses centrales à charbon.
Non ce n’est pas la Pologne.
C’est un pays où une pétition approuvant la poursuite en justice de l’État par des ONG pour son inaction face au péril climatique a recueilli plus de deux millions de signatures.
C’est un pays où l’interdiction de l’usage du glyphosate est reportée bien au-delà des promesses de campagne de son président, mais où la vente de semences anciennes est interdite.
C’est un pays où les commissions d’enquête succèdent aux mises en examen au sein même du palais présidentiel et du gouvernement.
C’est un pays dont le chef d’État prône la démocratie, la paix et la bienveillance mais qui n’hésite pas à vendre des armes sophistiquées aux pires dictatures de la planète.
C’est un pays dont le président à une pensée trop complexe pour être vraiment comprise par son peuple. Une complexité qui mène parfois à ce qui ressemble à des contradictions. Par exemple : se voulant start-up nation, il convient de financer l’innovation. Comment réaliser ces investissements pour l’avenir (et pour le secteur privé) alors que le pays est criblé de dettes ? C’est simple ! Vendons nos aéroports, plaçons le produit de la vente et avec les intérêts, finançons l’innovation ! Belle idée innovante en elle-même mais de mauvaises langues font remarquer que les sommes espérées par le placement sont du même ordre que celles que l’État touche comme actionnaire des aéroports… Et les recettes de ceux-ci sont en constante augmentation³. Ou l’art de vendre à perte !
Une pensée complexe qui amène parfois à des simplifications dans le vocabulaire, simplifications qui ont vocation à être gravées dans les tables de la loi. Ainsi antisionisme est voué à devenir un synonyme d’antisémitisme et à ce titre susceptible d’être puni par la loi. Le raccourci est abrupt et la peine sera lourde !
Rappelons les définitions :
Antisionisme : mouvement politique visant à l’établissement et la consolidation d’un état juif.
Antisémitisme : racisme dirigé contre les juifs.
Ainsi, si je m’oppose à de nouvelles colonies en Cisjordanie ou pire, demande le démantèlement de celles existantes, je pourrai être condamné au même titre que le crétin qui a tagué une croix gammée sur le portrait de Simone Veil. Et pire encore : peut on taxer Shlomo Sand4, historien israélien, juif et antisioniste notoire, d’antisémitisme ?
Il y aurait encore de nombreux points « typiques » qui pourraient servir à définir ce pays mais bien sûr, vous l’avez reconnu. Eh oui ! C’est notre belle France ! Et comme Sholmo Sand, qui a honte d’être Israélien, j’ai parfois honte d’être Français.
1 Il s’agit de Messieurs Jospin, Sarkosy, et Macron.
2 Enquête INSEE de 2012 publiée en 2013
3 Source : Le Canard Enchaîné
4 En lien la lettre ouverte qu’il à envoyer à notre complexe président en réponse
https://water-ballast/amp/article/l-historien-israelien-shlomo-sand-remet-en-place.html
Brice Gauthier




