
Les auteurs sont biologistes. Pablo Servigne est en particulier coauteur du désormais classique Comment tout peut s’effondrer ; Gauthier Chapelle est notamment coauteur de Le vivant comme modèle ; ils sont coauteurs avec Raphaël Stevens de Une autre fin du monde est possible.
Judicieux, le titre de l’ouvrage fait référence à Kropotkine1 et réfute d’emblée l’idée répandue par les tenants du néolibéralisme que la compétition et la loi du plus fort constitueraient la matrice essentielle et unique de l’ordre social humain, et plus largement biologique.
Partant de recherches transdisciplinaires en biologie, économie, neurosciences ou anthropologie, les auteurs montrent que l’entraide constitue une des bases du fonctionnement des êtres vivants, fonctionnement au sein duquel la compétition a certes une place. Se dessinent ainsi six types de relations : symbiose (ou mutualisme), coexistence, commensalisme, amensalisme, prédation (ou parasitisme) et compétition.
Ils tirent de leurs recherches des conclusions politiques. Leur objectif, écrivent-ils, est de fournir des bases permettant d’inclure le scénario de la coopération dans le champ des possibles, afin de faire face autrement que par la violence à l’effondrement qui vient.
1 – Le terme entr’aide, dont l’apostrophe fut ultérieurement retirée, a été créé par Élisée Reclus lors de sa traduction de l’ouvrage « Mutual aid » de Pierre Kropotkine.



