Ils furent sacrément inspirés nos chers progressistes représentants du peuple, de s’installer à gauche de la salle de l’assemblée. Mais, à propos, à gauche par rapport à quoi ? À l’assemblée elle-même ? Ou à la tribune qui lui fait face ? À son président nous dit-on, mais tourné dans quel sens. Il y a fort à parier que si ce n’eût été l’un c’eût été l’autre. Je veux dire qu’ils auraient de tout façon été la gauche. Sinistra en italien, ça veut tout dire. Un accident en quelque sorte. Car je ne suis pas sûr qu’être gauche ou avoir deux mains gauches soit un compliment. Une planche qui a du gauche c’est une planche tordue. Même Jésus, qui pourrait passer pour un progressiste, un révolutionnaire, est allé se placer à la droite du père. Quel besoin a eu la chrétienté de nous dire de quel coté Jésus est allé s’asseoir, ça c’est un mystère. Toujours est-il que sémantiquement la droite a plus la côte. Droit plutôt que sinueux. Le cowboy de la pampa est toujours plus ou moins coupable. tant et si bien que les gens de gauche ont commencé à envier la notoriété de droite. Ils sont passés progressivement d’une gauche fière, à une gauche qui a honte d’être à droite, pour finir en gauche qui a honte d’être de gauche. La gauche réformiste. Ce qui pourrait sembler un pléonasme est en fait une oxymore de par la nature des réformes. En effet quoi de plus légitime pour des progressistes que de réformer socialement un système archaïque arc-bouté sur des paradigmes obsolètes ? Mais non, les réformes de la « gauche de gouvernement » sont antéchonologique. Le grand retour des rentiers et de l’individualisme, la diatribe systématique contre le service public. Au point que la gauche sincère passe pour réactionnaire, attachée à de vieux acquis de longues luttes.
Enfant je demandai à mon père la différence entre la gauche et la droite, il me répondit : « la gauche veut tuer tout le monde au couteau, la droite à la bombe atomique ».
Marto



