
Avec L’essai, Nicolas Debon nous raconte les 6 ans de naissance, vie et mort d’une communauté anarchiste des premières années du vingtième siècle. Basée sur l’histoire vraie de la communauté « L’Essai », située sur la commune ardennaise d’Aiglemont, l’auteur nous narre avant tout l’histoire d’un homme débarquant du train de Paris qui s’installe en un lieu que les paysans locaux dédaignent. Il crée un îlot, une parenthèse, où les principes anarchistes seront mis en pratique. Peu de sentiments, pas d’anecdotes truculentes. Non, Nicolas Debon décrit avec gentillesse le développement humain de « L’Essai » ainsi que la transformation du lieu. L’essentiel du récit, sa force réside dans tout ce qui n’est pas dit, dans le suggéré, dans la description distanciée de la rudesse du contexte d’alors. Il n’y a ni crime ni violence dans cette histoire. Presque pas de mouvement non plus. Il n’y a pas d’ostracisme, seulement un gars décidé, suivi d’autres gens, encouragés par des paysans intéressés par l’expérience.
L’histoire m’a saisi dès la première planche, les frissons d’espoir se sont effacés de ma peau quelques instants après l’avoir refermée. J’ai dû garder cet ouvrage contre moi pour en digérer la densité secrète. Lisez L’Essai, vous serez meilleur et plus détendu après.
John Difool





