
Les rhâ-gnagna* étant encore tabou pour de trèèès nombreux humains, si on couple le sujet avec celui des femmes sans-abris ou en grande précarité, on est sûr que c’est pas demain la veille qu’un quelconque média national s’en emparera. Et pourtant, en France comme ailleurs, ça craint, et devinez quoi… ça craint tous les mois.
Des conséquences sur la santé
Outre l’odeur gênante ou l’inconfort, la santé des personnes est engagée à chaque période de menstruations. Quand on n’a pas de tunes pour acheter à manger, les tampons et serviettes hygiéniques sont loin d’être prioritaires. C’est le système D qui prévaut alors : de vieux tee-shirts ou vieux bouts de tissus qu’on galère souvent à renouveler, du papier toilette, papier journal, ou encore des toilettes partielles ; pas facile quand on est sans-logis de faire ça dans les lieux publics où l’on n’a pas le droit de se dénuder. Ni l’envie.
Alors de nombreuses gonzesses miséreuses ou sans toit sur la tête se retrouvent avec des inflammations locales, des mycoses ou de l’eczéma, outre le sentiment de honte ou de dégoût de soi généré par la situation. Insupportable.
Et dès lors qu’on ne peut pas gérer ses règles, comment espérer se resocialiser ? Se pointer à un rendez-vous avec un travailleur social ? Trouver un logement ? Un boulot ?
Quelles solutions pour elles ?
Tara Heuzé, toute jeune étudiante à Sciences-Po (personne n’est parfait) est l’initiatrice récente de « Règles élémentaires », qui oeuvre pour désacraliser et faire connaître la cause, en organisant des collectes de protections périodiques pour les femmes sans-abris.
Elle explique avoir pris contact avec « des centres d’accueil, des foyers d’hébergement, ainsi que le Samu social de Paris » qui lui expliquent tous que les produits intimes « manquent cruellement ».
Elle ajoute que « tous les travailleurs sociaux » lui ont dit « qu’ils n’avaient pas de stock » et que certaines assistantes sociales lui ont même confié « qu’il leur arrivait de dépanner des femmes sans-abris en leur donnant des protections périodiques qui traînaient au fond de leur sac. » Elle a à ce jour récolté 25000 produits intimes.
Des personnes mobilisées
La formidable association Mobil’douche et sa très formidable présidente Ranzika Faïd proposent un service d’hygiène mobile à destination des personnes sans-abris ou mal-logées. Elle a commencé par des maraudes en 2012 dans les rues de Paris, et a fait des petits : des véhicules sillonent également des communes de banlieue, et des assos similaires ont vu le jour à Toulouse et Avignon.
« Tout se fait dans la discrétion et dans le lien de confiance » explique Ranzika. Dans les camping-cars équipés, on laisse tout le temps nécessaire aux personnes pour faire leur toilette, et on leur propose de se poser un peu autour d’un café pour discuter, sans forcer.
À votre échelle, vous pouvez aussi contribuer au mieux-être de nos frangines de la rue en constituant des kits hygiène : outre le shampoing-douche, la brosse à dents et le dentifrice, pensez aux serviettes hygiéniques, au savon intime, à une petite serviette de bain. Si vous donnez déjà à une association comme le Samu social, Les Petits frères des pauvres, que sais-je encore, pensez à leur fournir des protections intimes !
Hasta la proxima les filles.
- Gotlib, tu nous manques
L’hystérectomie, complément (par Christophe Gibiat)
Vous pouvez bien sûr me proposer ou demander des modifications.
• Première version
1061 signes + note
L’hystérectomie : complément à l’article de Sousou (LTC n°16, p. 20)
Par CHRISTOPHE GIBIAT
Le transhumanisme et le post-féminisme défendent des positions extrêmes. L’hystérectomie est ainsi parfois considérée comme une émancipation. En atteste cet extrait du site Internet des Mutants :
« Les femmes ne feront rien dans la vie tant qu’elles auront un utérus […] La marche vers l’égalisation des sexes est un phénomène récent, ouvert par la dé-physication des modes de production rentables et efficaces. Cependant, tant que la femme continuera à porter dans son corps la reproduction humaine, les termes seront en décalage. Les Mutantes entendent donc par la désutérinisation de la femme, rendre possible le rattrapage.1 »
Ils-elles promeuvent logiquement l’ectogénèse (la reproduction via un utérus artificiel).
Si ces positions témoignent d’une haine de la nature et de notre corporalité charnelle et organique propres au transhumanisme, elles s’inscrivent également dans un mouvement de fond, qui s’était manifesté à l’occasion des débats sur le mariage des personnes homosexuelles, considérant les différences comme des inégalités voire des injustices.
Notes de bas de page :
1 – « Tota mulier ex utero », www.lesmutants.com ; cité par Pièces et main d’œuvre, « Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme », Service compris, 2017.
• Seconde version
1152 signes + note
Ex utero
Par CHRISTOPHE GIBIAT
Voici un complément à l’article de Sousou consacré à l’hystérectomie dans LTC n°16 (p. 20).
Le transhumanisme et le post-féminisme défendent des positions extrêmes. L’hystérectomie est ainsi parfois considérée comme une émancipation. En atteste cet extrait du site Internet des Mutants :
« Les femmes ne feront rien dans la vie tant qu’elles auront un utérus […] La marche vers l’égalisation des sexes est un phénomène récent, ouvert par la dé-physication des modes de production rentables et efficaces. Cependant, tant que la femme continuera à porter dans son corps la reproduction humaine, les termes seront en décalage. Les Mutantes entendent donc par la désutérinisation de la femme, rendre possible le rattrapage.1 »
Ils-elles promeuvent logiquement l’ectogénèse (la reproduction via un utérus artificiel).
Si ces positions témoignent d’une haine de la nature et de notre corporalité charnelle et organique propres au transhumanisme, elles s’inscrivent également dans un mouvement de fond, qui s’était manifesté à l’occasion des débats sur le mariage des personnes homosexuelles, considérant les différences comme des inégalités voire des injustices.
Notes de bas de page :
1 – « Tota mulier ex utero », www.lesmutants.com ; cité par Pièces et main d’œuvre, « Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme », Service compris, 2017.
Le transhumanisme et le post-féminisme défendent des positions extrêmes. L’hystérectomie est ainsi parfois considérée comme une émancipation. En témoigne cet extrait du site Internet des Mutants :
« Les femmes ne feront rien dans la vie tant qu’elles auront un utérus […] La marche vers l’égalisation des sexes est un phénomène récent, ouvert par la dé-physication des modes de production rentables et efficaces. Cependant, tant que la femme continuera à porter dans son corps la reproduction humaine, les termes seront en décalage. Les Mutantes entendent donc par la désutérinisation de la femme, rendre possible le rattrapage.1 »
Ils promeuvent logiquement l’ectogénèse (la reproduction via un utérus artificiel).
Peggy Sastre, déclarait même à Causeurs :
« Les femmes ne pourront pas connaître de véritable autonomie tant qu’elles n’auront pas la possibilité de s’en débarrasser [NdA : de « la grossesse et [de] l’élevage des enfants »]2 »
Si ces positions témoignent d’une haine de la nature et de notre corporalité charnelle et organique propres au transhumanisme, elles s’inscrivent également dans un mouvement de fond, qui s’était manifesté à l’occasion des débats sur le mariage des personnes homosexuelles, considérant les différences comme des inégalités voire des injustices.
Notes de bas de page :
1 – « Tota mulier ex utero », www.lesmutants.com ; cité par Pièces et main d’œuvre, « Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme », Service compris, 2017.
2 – « L’utérus artificiel est l’avenir de la femme », entretien, Causeur, juin 2017 ; cité par PMO, op. cit..
Sousou





