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Marinaleda, un village andalou en autogestion
Un maire qui ne touche aucune indemnité, des loyers à 15 €, des assemblées de citoyens, pas de police… Depuis plus de trente-cinq ans, Marinaleda met en œuvre ce que démocratie veut dire.
La terre pour travailler, pas pour la propriété.
À la fin des années 1970, en Andalousie, des paysans sans terre et au chômage, constitués en syndicat, commencent une lutte pour obtenir le droit d’exploiter des terres qui appartiennent à un grand propriétaire terrien, mais qui ne sont pas mises en valeur. Après douze années de lutte, le gouvernement central exproprie 1 250 hectares de terres agricoles et les remet à la commune de Marinaleda, où vivent la plupart des ouvriers agricoles et leur famille.
Travailler moins pour travailler tous.
Sur ces terres, collectivement, ils plantent des oliviers et construisent un moulin pour produire de l’huile. Puis une conserverie pour conditionner et vendre des artichauts, des fèves, des poivrons qui sont aussi produits sur place. Des lieux de production en autogestion qui appartiennent à ceux qui y travaillent. Concrètement, c’est une assemblée de salariés qui décide de l’organisation de la production et tous reçoivent le même salaire. Il y a du travail toute l’année, mais parfois, en fonction des récoltes, et avec la crise, il y en a moins. Dans ce cas, pas de licenciement, mais de la solidarité : le temps de travail est réparti entre tous.
Dans l’élan des années 1990, les habitants construisent des maisons, des routes, des bâtiments publics, des parcs, des terrains de sport, des écoles, une maison de la culture, une piscine (à 1 € par mois)… avec des finances publiques principalement, parfois obtenues par de nouvelles luttes, de nouvelles occupations.
Un loyer à 15 € par mois.
L’utopie qui guide la municipalité vise à répondre aux besoins fondamentaux des habitants. Le droit à la terre, au revenu de son travail, à pouvoir manger à sa faim, mais aussi à se loger. Sur ce dernier point, la commune s’est lancée dans un programme de logements accessibles aux travailleurs. Pour cela, la municipalité fournit le terrain, la province d’Andalousie, les matériaux, et les futurs habitants, la main-d’œuvre.
Ce ne sont là que les principales touches de peinture d’un tableau que les habitants de Marinaleda peignent depuis plus de trente-cinq ans. Nous vous décrirons les détails de cette utopie dans le prochain numéro.
Julie Devès





