
L’école, l’école…ça vous dit quelque chose ? Des centaines d’heures assis(e) sur les bancs, vos enfants que vous récupérez chaque soir… Oui, vous savez probablement ce qu’est l’école. Mais en êtes-vous bien sûrs ? Car il y a une chose que l’école n’est pas ! (ha bon ?). Ben voilà : l’école n’est pas un endroit bien conçu pour favoriser l’apprentissage. (…) Oui, en vrai de vrai, il est assez difficile d’apprendre à l’école. Voilà, c’est dit. Et il se trouve que la recherche scientifique, et notamment les neurosciences cognitives (oh my god !), nous éclairent sur ce sujet. Allez, on regarde ça rapidos, en trois points non exhaustifs, juste pour avoir une petite idée. Pour se marrer quoi !
Expérience active –
Un grand nombre d’études montrent qu’un apprentissage optimal nécessite un engagement actif de la part de celui qui apprend. Une synthèse de 225 études sur le sujet(1) met très clairement en évidence ce phénomène, en démontrant que les étudiants qui ont bénéficié d’un apprentissage actif (activités et discussions en classe) en science, technologie et mathématiques ratent moins souvent leurs examens et ont de meilleures notes que les étudiants qui ont suivi des cours magistraux sur les mêmes sujets. Pour apprendre, pour retenir, nous devons donc être engagés activement. L’essentiel des apprentissages scolaires se fait pourtant par l’intermédiaire de cours magistraux, passifs. Sur ce point, l’effort d’apprentissage demandé aux élèves est donc « contre nature ».
Motivation endogène –
La motivation endogène, c’est ce qui nous pousse à faire une chose plutôt qu’une autre, c’est l’intérêt que l’on peut porter à quelque chose à un moment donné. Là aussi, de nombreuses études montrent que choisir librement un sujet favorise son apprentissage(2). Mais pas seulement ! Lorsque se laisser guider par nos aspirations favorise également notre performance, notre créativité et même un certain bien-être psychologique(2). Rien que ça ! Pour les scientifiques qui l’étudient, la motivation endogène semble à ce point importante qu’elle est décrite comme un processus de développement des individus. Quoi souhaiter de mieux pour nos enfants? Pourtant, le cadre scolaire ne permet généralement pas à chacun de nos enfants en construction de suivre leur motivation endogène puisque les sujets étudiés sont imposés. Dommage !
Le statut de l’erreur –
Enfin, on sait maintenant que l’erreur est inhérente à l’apprentissage. Il n’y a pas d’apprentissage sans correction de ses propres erreurs. Il faut faire (activement !), se tromper, se corriger pour apprendre(3). Cela est dû au fonctionnement de notre cerveau. En effet, ce dernier réalise en permanence des prédictions sur les conséquences d’une action (par exemple : envoyer une balle), et compare ses prédictions (« dans le mille ! ») avec la conséquence réelle de son action (« raté ! ») et corrige son action si nécessaire (« la prochaine fois, je vise plus à gauche »). L’erreur nous permet donc de nous réajuster à la réalité du monde(3). A l’école, c’est pourtant malheureusement tout l’inverse qui se passe : tout le système de validation des connaissances (contrôles, interrogations surprises orales, questions pièges,…) vise plutôt à sanctionner l’erreur. Et Céline Alvarez de s’insurger à juste titre : « En sanctionnant l’erreur et en valorisant les enfants qui ne se trompent pas, nous bloquons le processus même d’apprentissage, pour tous » (4).
Voilà, voilà, trois points. Bon, et maintenant, si l’école n’est pas un endroit bien conçu pour favoriser l’apprentissage, qu’est-ce que l’école pour vous ?
Rat Conte
Freeman et al. 2004. PNAS
Di Domenico & Ryan. 2017. Front. Hum. Neurosci.
Vidéo : http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/course-2012-01-10-09h30.htm
C. Alvarez : « Les lois naturelles de l’enfant » p97. 2016. Arènes
Rat Conte




