
Le 10 octobre l’association À tout venant ressourcerie gaillarde a ouvert une ressourcerie à Brive. La 15ème ressourcerie limousine sur le deuxième bassin de population de feu notre région. Heureux de cette naissance, curieux d’en savoir d’avantage et désireux de répandre la nouvelle, j’ai rencontré Fabrice Rougerie, directeur de ce « bric à brac solidaire ».
L’association est née en avril 2017 avec le projet de créer cette ressourcerie. Cette naissance fait suite à une étude réalisée par Fabrice durant un an et demi avec le soutien technique et financier du réseau régional des ressourceries1 et de Limousin actif2. Parallèlement à cette étude Fabrice était responsable d’exploitation chez ARBRE, association briviste d’insertion par l’activité économique. C’est dans le cadre de la réflexion sur le développement des activités de ARBRE que Fabrice a identifié la nécessité et la possibilité de créer une ressourcerie. Mais pour y parvenir et en discussion avec la DIRECT il fallait créer une nouvelle entité juridique. C’est ainsi que naquit À tout venant.
Des fondamentaux
À tout venant est dirigée par un conseil d’administration de neuf personnes, d’horizons divers, avec une forte sensibilité environnementale et au vivre ensemble. Tous, dans une démarche globale de transition sociale, ont la préoccupation de faire bouger la collectivité et de mobiliser les énergies disponibles.
Fabrice n’a pas les clés mais il affirme qu’il y a dans cette nouvelle structure « le désir de faire bouger les choses durablement sur ce territoire, d’éveiller les consciences et de mettre en réseau les sensibilités communes. La ressourcerie se positionne fortement sur la sensibilisation à la réduction des déchets, à la réparation des objets pour en prolonger l’usage. Tout cela avec la certitude que cette activité peut s’insérer dans un tissu économique local et créer des emplois pérennes ».
Des activités
Pour l’instant l’activité de la ressourcerie consiste en la collecte et la revente d’objets usagers. La collecte se fait selon trois modes :
-L’apport direct à la boutique
-Les débarras de maison
-La collecte en déchetterie d’objets revalorisables ; sur les déchetteries de Cosnac et de Saint-Pantaléon-de-Larche à titre expérimental avant de peut-être la généraliser sur les neuf déchetteries de l’agglo.
La vente quant à elle consiste en la revalorisation, le nettoyage de tout ce qui peut l’être. Toutes ces ressources (vaisselle, mobilier, électroménager, outils…) sont mises en rayon et disponibles à l’achat à bas coût dans le local de l’association (880 m2 d’espace de vente et 550 de stockage).
La ressourcerie tire ses revenus des ventes et des débarras mais elle a besoin, à relativement court terme, de développer une activité complémentaire pour assurer une économie solide. Selon Fabrice « la collecte en déchetterie est dans l’ADN de la structure (collecter, sensibiliser, réparer, revendre) mais n’assure pas un revenu suffisant. Les pistes d’activités sur lesquelles nous travaillons sont la collecte d’encombrants au porte à porte et le compostage pour les gros producteurs de déchets organiques (restauration collective, hôpitaux…).
Pour l’avenir sur le bassin de Brive, le SIRTOM3 et l’agglo étudient la création d’une grosse déchetterie-ressourcerie qu’ils construiraient et dont ils céderaient l’exploitation à des acteurs du réemploi. La ressourcerie et Emmaüs sont associés à la réflexion ».
Et la sensibilisation ?
La structure a besoin d’assoir son modèle économique. « Ça n’a pas trop mal démarré » selon Fabrice, « nous sommes contents de ça et allons maintenant pouvoir réfléchir à un programme d’actions en lien avec d’autres acteurs locaux. Il y aura un programme d’activités pour 2018 avec une inauguration, des « répare-cafés », des projections de films, des ateliers compostage, des spectacles. Il y a également un travail à faire sur les publics. Nous souhaitons travailler avec les écoles, les centres sociaux. Nous tenons à assurer cette part de notre activité mais il y a peu de ressources économiques pour ça ; l’ADEME nous y aide un peu ».
Une équipe
Pour réaliser ses actions l’association rémunère six personnes : Fabrice en CDI et, dans le cadre du chantier d’insertion, cinq personnes sont en contrat à durée déterminée en insertion pour 24 mois. D’ici février il devrait y avoir un encadrant technique et dans un terme moins défini deux nouvelles personnes en insertion devraient rejoindre l’équipe.
Cette ressourcerie c’est également une équipe de bénévoles, certes au conseil d’administration, mais aussi sur des débarras ou autres actions au coup par coup. « Le bénévolat représente environ deux équivalents temps plein », explique Fabrice « et ce que nous voulons c’est accueillir plus de gens. À nous de réfléchir l’accueil. Notre équipe est super, c’est motivant ».
Les ressourceries sont devenues des maillons importants du réemploi et de la valorisation des objets. Ne pas en avoir jusqu’alors sur l’agglo de Brive était bien regrettable. Saluons cette apparition dans le paysage local et utilisons la ressourcerie gaillarde.
1: http://www.ressourceriesdulimousin.org/
2 : https://www.franceactive.org/
3 : SIRTOM : Syndicat Intercommunal de Ramassage et de Traitement des Ordures Ménagères
une photo et un encadré avec les horaires d’ouverture et le lien facebook
Ouverture du bric-à-brac
En attendant l’ouverture du site Internet rejoignez la ressourcerie sur facebook : A Tout Venant – Ressourcerie Gaillarde
Pascal Brette






