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La Trousse Corrézienne

LTC 14, Un pas de côté · 8 septembre 2017

Histoire de facteurs

Facteur de la petite poste sous Louis XV

Si la Poste est issue des relais de poste créés par Louis XI en 1477 pour le transport des messages royaux puis des offices de messagers royaux, autorisés à transporter le courrier des particuliers, le métier de facteur s’est lui forgé progressivement dans le temps.

Dans l’Antiquité, puis au Moyen-Âge, le messager couvre les distances en courant. D’ailleurs, le mot courrier, dérivé du latin correre (courir) désigne au 13ème siècle les porteurs de messages avant de qualifier au 18ème siècle l’ensemble des lettres. À l’époque, les messagers sont employés par les monastères et les universités, et considérés comme des domestiques. Les grands du royaume ont recours à des chevaucheurs, mieux lotis car équipés de chevaux. Peu à peu, la distribution du courrier s’organise. Les chevaucheurs bénéficient, à partir du 16ème siècle des services du maître-postes, propriétaire de relais et fournisseur de montures rapides.

Un siècle plus tard, apparaît le facteur, au moment où le premier bureau de poste (Grande Poste) naît à Paris (1652). Le terme de « facteur » tient son origine du latin factum (facere : celui qui fait). C’est dans ce cadre urbain et parisien que le « facteur de lettres » fait ses premiers pas pour relever des boîtes aux lettres et distribuer les plis. Mais le système périclite au bout de trois ans.

La renaissance d’une « Petite Poste » à Paris en 1759 par Piarron de Chamousset amorce l’extension du métier de facteur. Plusieurs grandes villes du royaume (Bordeaux, Nancy, Rouen, Lyon, Strasbourg, Marseille, Lille) adoptent ce système. En 1780, année de réunion de la Grande et des Petites Postes, le facteur est déjà installé comme un personnage urbain familier, qui introduit la pratique des étrennes par le calendrier auprès des citadins. Car en effet, les ruraux, qui représentent les trois-quarts de la population française, méconnaissent ce personnage.

Après la Révolution , les lettres sont transportées de ville en ville dans des malles-poste, sortes de diligences. Les ruraux voient arriver les premiers facteurs dans les campagnes, avec la loi sur le service rural (juin 1829), qui instaure le facteur rural et sa tournée tous les deux jours, qui deviendra effectivement quotidienne en 1863. Il porte alors la sacoche, mais n’entre pas dans les habitations, se contentant d’avertir de son passage avec son claquoir. Il travaille et surtout marche 7 jours sur 7, et les premières tournées à bicyclette sont encouragées à partir de 1902. Sa tenue adaptée aux saisons et au terrain sur lequel il exerce ne lui est que tardivement imposée et il doit longtemps en supporter le coût. Quant à son salaire, il est alors indexé sur le nombre de kilomètres parcourus et la pénibilité de sa tournée.

Au 20ème siècle. C’est le siècle de la maturité pour le facteur, puisque l’on ira jusqu’à compter 90 000 agents en 1990 contre 25 000 en 1900. Une croissance qui va de pair avec celle du développement de la correspondance écrite. À l’image de cette société de transformation, le métier de facteur se féminise : tout d’abord à cause des guerres qui voient les hommes partir au front, puis dans les années 1970, par l’égalité de recrutement qu’imposent les concours. S’il a domestiqué la bicyclette pour en faire son attribut fétiche, il conquiert aussi l’automobile.

La Poste fut d’abord un service de l’État, où les facteurs étaient en principe des fonctionnaires, mais aussi des « Auxiliaires », personnels en contrats précaires. En 1990, la Poste devient une entreprise publique, les facteurs restent théoriquement des fonctionnaires mais l’usage des CDD se généralise. En 2010, la Poste devient une Société Anonyme. Deux catégories de facteurs coexistent alors : les fonctionnaires d’avant, et les nouveaux, relevant du droit privé, en CDI comme en CDD. Aujourd’hui, la Poste compte environ 100 000 facteurs, dont 45 % de femmes.

Sources :

– http://www.leforumdesfacteurs.com/Histoire-de-facteur-h14.htm

– https://www.laposte.fr/chp/mediasPdf/dossiersdocumentaires/ddoc_le_facteur.pdf

Céline Perrin

Du papier, des crayons, pas de pubards.

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