Ainsi le rapport Delebarre, remis au gouvernement ce 27 juillet, enterre-t-il le projet de Ligne à Grande Vitesse ferroviaire (LGV) entre Limoges et Poitiers, dont la déclaration d’utilité publique de 2015 avait été précédemment annulée par le Conseil d’État en 2016. Définitivement ? Difficile de le dire tant les rebondissements furent nombreux dans ce dossier, jusqu’à un François Hollande faisant mine de soutenir le projet les pieds dans la tombe quelques mois avant la fin de son mandat. C’est a minima probable.
Seuls quelques intérêts particuliers (des entreprises) et des élus locaux (révélant leur folie des grandeurs et leur égo mal placé (« Je veux le TGV dans ma ville ! »)) soutenaient ce projet aberrant, tant quant à l’aménagement du territoire qu’à ses coûts financier, écologique et humain.
L’État (ainsi que les régions et leurs regroupements) vont enfin pouvoir prendre à bras le corps le véritable sujet d’intérêt : rétablir une liaison Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (Polt) digne du XXIe siècle, c’est-à-dire qui retrouve au moins le temps de parcours et la qualité atteints au XXe (1) ! C’est là, plus que dans un projet de LGV superflue destiné à satisfaire une minorité, que réside la mission du service public. De même, la réouverture de la ligne entre Ussel et Clermont-Ferrand s’avère-t-elle prioritaire pour rétablir une desserte acceptable du Limousin, et, au-delà, la transversale ouest-est du Massif central (Bordeaux-Lyon).
Ironie, Michel Delebarre lui-même, alors ministre des Transports, annonçait devant micros et caméra(s) le TGV à Limoges. C’était en 1990… « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » aurait dit un certain Henri Queuille…
1 – Le temps de trajet du Capitole, qui circula pendant une vingtaine d’années, et sur certains tronçons à 200 km/h, était inférieur à l’actuel. Le défaut d’entretien de la voie conduisit à une réduction régulière de la vitesse moyenne et du confort à bord.
Ours Noir





