Dernier épisode
Dans les épisodes précédents nous avons vu comment Microsoft, Google, et Facebook avaient conquis le marché informatique « grand public » laissant une confortable niche à Apple.
Parallèlement à tous ces développements est né le Logiciel libre, à ne pas confondre avec les logiciels gratuits, ou freeware.
Par exemple Skype, le logiciel de vidéo-conférence bien connu est gratuit mais n’est pas pour autant un logiciel libre. Son code est un secret bien gardé et nul ne peut dire exactement ce qu’il fait, en plus des vidéo-conférences évidemment. Rien ne garantit qu’il ne pille pas vos données par exemple.
Firefox, navigateur très répandu est par contre également gratuit mais libre. Son code est accessible et chacun peut vérifier exactement quelles fonctions il exécute et éventuellement les modifier afin de satisfaire ses besoins personnels.
Certes le commun des mortels ne comprendra rien à la lecture de ces codes et sera bien incapable de les modifier mais ce code étant public il peut être (et est) vérifié par nombre d’informaticiens ce qui permet, entre autre, de détecter les failles de sécurité.
Bref un logiciel est considéré comme libre s’il répond à cette définition donnée par par le Free Sofware Foundation :
– la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages ;
– la liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins ;
– la liberté de redistribuer des copies du programme (ce qui implique la possibilité aussi bien de donner que de vendre des copies) ;
– la liberté d’améliorer le programme et de distribuer ces améliorations au public, pour en faire profiter toute la communauté.
Cette définition étant posée, revenons à l’histoire.
C’est en 1984 que Richard Stallman crée le projet GNU et la Free Soffware Foundation. Chercheur au M.I.T. et las de se heurter aux verrouillage des codes sources, il a décidé de créer un système d’exploitation compatible avec UNIX. Il rédige alors la licence GPL (General Public Licence) qui définit les droits que nous avons explicités ci-dessus.
Et c’est en 1991 que Linus Torvalds, publie sous licence GPL le premier noyau Linux. Un système d’exploitation complètement libre vient de naître. Ses débuts seront tout à fait confidentiels malgré le nombre de distributions disponibles et il faudra attendre 2006 et la version 6 de Ubuntu pour qu’un système Linux soit facilement installable.
Aujourd’hui les nombreuses distributions disponibles sont très facilement et rapidement installables. Citons par exemple Ubuntu, Fédora, Mint, Suze, ArchLinux et surtout Débian à la fois « ancêtre » et base de beaucoup d’autres.
Contrairement à Windows de nombreux logiciels et pilotes sont installés en même temps que le système d’exploitation. Plus besoin de redémarrer le système pour installer la carte graphique, puis le pilote de la carte son, puis le traitement de texte etc… Tout cela est disponible de suite.
Des distributions spécifiques existent également, par exemple pour les musiciens, les vidéastes, ou la robotique.
Notons également qu’il est possible d’installer un Linux sur sur un disque dur externe ou une clé USB et votre ordinateur tient dans votre poche. Il suffira de démarrer l’ordinateur de votre ami windowsien à partir de votre clé et vous serez comme chez vous avec tous vos logiciels paramétrés selon votre goût.
Ajoutons à cela l’avantage que Linux est pratiquement insensible aux virus : depuis 2004 je suis sous Linux sans aucun antivirus et aucune de ces sales bêtes n’est venue infester ma machine.
Alors on peut se demander pourquoi il n’équipe qu’environ 2% des ordinateurs. Il y a à cela de multiples raisons dont certaines sont « objectivement valides ». Par exemple un amateur de GTA4, Far Cry, Crysis, et autres jeux est condamné à Windows, ces logiciels ne fonctionnant pas sur d’autres plate-formes. Mais la raison la plus fondamentale est d’ordre commercial.
Lorsque vous achetez un ordinateur, presque toujours, il est pré-installé avec Windows. Vous allez payer pour cela sans le savoir car ce « détail » n’est pas précisé sur votre facture (pour un particulier Windows X coûte pas loin de 100€). Vous pouvez demander la suppression et le remboursement de Windows qui vous sera effectivement remboursé 40€ dans le meilleur des cas. Mais qui sait cela et n’aura pas peur de se lancer dans une installation de Linux ?
Brice



