Bienvenue en Pays de Loufoqueries !
Ektos, petite entité nébulo-crânienne éprise de liberté, s’est lancé Hankanpâgne en Korézie Elektorienne. Son slogan Wolinskien (1) en bandoulière, il erre en territoire Skrutin. Que d’aventures dans ce paysage secret, dépouillé, où l’on peut être en ballottage, sans jouer au hockey !
Voyage en Sirkonskrypcion – 3
C’est un Ektos anadyomène, tout dégoulinant de frayeurs tricolores qui s’ébroue sur le bord de la serve (voir LTC 12). « Fichtre-Diantre ! Voilà bien des zémotions fortes depuis quelques temps. » se dit-il, en s’adossant contre un Fraxinus Excelsior. « Que me réserve l’avenir ? » Question typique à l’apéro. Euh … à la Perrault. Et Ektos, inspiré de Didon et de sa sœur Anne, se hisse à la cime de l’arbre pour voir s’il verra autre chose « .. que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie. »
Monté à la hune, tel un gabier de vigie dans son nid-de-pie ou de-corbeau, le voilà maintenant sur le perchoir. À ses pieds (palmés depuis son escapade aquatique), Ektos aperçoit la surface toujours changeante de Korélektoral. En retrait, les Gislatives s’éloignent. Ces spécimens de la famille Elektion, ont effectué deux tours sur un parcours jalonné d’affiches, habillés uniquement à la mode uninominal, avant de pouvoir atteindre un palais kapitalocien. Là, dans une chambre basse en forme d’hémicycle, coincée entre Boulè et Gérousie, 577 petits bourbons, à peine sortis des urnes, parfumés à la vanille ou à la rose, vont s’apostropher, s’invectiver et … dormir. En effet, parfois un peu trop imbibés de bière ou d’eau de vie, et ne pouvant pas tous tenir dans la cellule de dégrisement sise à proximité, ils piqueront ici le coutumier roupillon des représentants du peuple. Quant aux bourbons pointus de cafetière, énervés et énervants, à force de perdre leurs pas dans une salle spéciale aménagée pour ça, ils errent entre quatre colonnes, jouant à cache-cache avec des faiseurs de « Unes » qui, elles, ne planent pas toujours très haut.
Encore trempé et remerciant le frêne qui, fidèle à la légende, semble l’avoir protégé de la noyade, Ektos se dit qu’il ne s’agirait pas maintenant de mal tomber dans la fosse des Mariannes ! C’est qu’il y a remous en bas ! Tout en tentant de se stabiliser au faîte de l’arbre de Poséidon, il dresse l’oreille pour écouter le vent qui siffle entre ces langues d’oiseau suspendues en grappe autour de lui. Il se demande si celui qu’on nomme « Quinquina d’Europe » va aussi le protéger de la fièvre. 49,3 c’est beaucoup trop de température ! À cheval sur cet Yggdrasil local, Ektos skrute ainsi l’avenir et rêve. Il imagine une assemblée siégeant sous les frondaisons de cet arbre aux multiples qualités qui a la réputation d’apporter sagesse et bonheur. Solide mais souple, ne faisant pas d’écharde, il préserve des disputes et symbolise droiture, prévoyance et hospitalité. Mais gare aux cossus, aux cantharides et autre virus de Bourbon ! Amateur de banquets champêtres, façon village gaulois breton, Ektos verrait bien ces nouveaux bourbons, étendus à l’ombre de l’arbre des centenaires (tisane en moins), enkartés de klorophil, levant leur coupe remplie de frênette, cet authentique champagne de la forêt, soufflant avec vigueur et poésie dans des hautbois d’écorce labellisés « Frêne Éthique ».
Mais voilà Ektos soudain pris de vertiges (aurait-il consommé la poudre de Lytta Vesicatoria ?). Comme la feuille de frêne, qui à l’automne tombe d’un coup sans avoir pris le temps de changer de couleurs, le voilà précipité vers le sol, à une vitesse surréaliste. En perdition totale, il a juste le temps d’entendre son ami Fraxinus lui crier : « Freiiiine ! Mais freine donc !! »
(1) « La campagne, c’est bien pour penser à rien »



