
Le 400 c’est le tiers lieu de Brive. Karine Machat bénévole, membre du CA (qui en compte trois) et co-porteuse du projet nous le présente : « c’est mon bébé » et celui de Philippe Chapot. Mais c’est plus compliqué que ça, car le 400 existait déjà avant de renaître dans les anciens locaux de l’Union compagnonnique à Brive.
Karine et Philippe se sont trouvés. Lui, avec son association à but non lucratif, Le 400 : studio multisupport, voué au désenclavement numérique, siégeant à St-Viance dans une usine désaffectée, déclinante vers sa fin causée par une situation financière fragile. Elle, éloignée de l’informatique, cherchait à développer un projet intergénérationnelle, interprofessionnel, inter-brassage de tout…, un projet « autrement »… où « on fait pas de la politique ».
Matérialisé depuis une année, ce lieu dédié à la dématérialisation, propose aux utilisateurs et coworkers divers espaces : salle de réunion, bureau, open-spaces, salles de formation et, très important, des zones informelles, accueillantes, souvent transitoires facilitant la rencontre des personnes ; il met à disposition aussi beaucoup de matériel : imprimantes, ordinateurs, studio images et radio et autres.
Le profil du public est varié : entrepreneurs, programmateurs, monde associatif, stagiaires… Par exemple, nous a raconté Karine, il y a C. qui est passé par là. Il est archéologue et il ne connaît pas grand chose au numérique. Son idée était de rendre visible l’évolution des fossiles, les rendre animés ; au 400 il a rencontré un directeur de production, et une modélisatrice ; et c’est bien parti pour se concrétiser. Il y a Stéphanie, elle était bénévole au Resto du cœur et rêvait d’avoir un restaurant. Elle débarque au 400 et de fil en aiguille, comme c’était un besoin pour les coworker, le projet de cantine sur place surgit et l’ouverture est prévue pour septembre.
Sur le site internet du 400 on peut lire la charte d’accueil « …conçue par les coworker », et les tarifs de location des divers espaces et du matériel, mais ça reste souple, car il peut y avoir échanges de services, « ça dépend de beaucoup de choses » comme l’implication dans le lieu… Hé oui, d’ailleurs dans tout ça : Qui fait le ménage ? Bah, quand Karine en a marre, elle fixe une date, lance un appel, et les habitués des lieux disponibles donnent leur contribution. Et les décisions ? Les problèmes au jour le jour ? Les grandes lignes et les détails ? La gouvernance quoi ! « Nous, on se prend pas la tête » explique Karine ; pas de réunions, pas de temps formels, deux CA par an (trois membres je me répète) et c’est tout. S’il y a problème, elle en parle avec ceux qu’elle croise, pendant le casse croûte par exemple.
J’allais oublier : le tiers-lieu à Brive-la-Gaillarde, est au 12 avenue Jean Lurçat, au rocher coupé. Il loue 850 m² sur les 1 500 m² que fait le bâtiment. Le reste est occupé par le campus de formation professionnelle compagnonnique qui sera le sujet d’un prochain article. Les deux entités ne sont séparées que par un escalier, les échanges sont réguliers et opérant, car, n’est-ce pas l’ADN d’un tiers-lieu ?
Au fait, un tiers-lieu, késako ?
Si vous posiez cette question à Karine Machat elle vous répondrait : ouverture, respect, solidarité, partage, accompagnement, innovation. « un lieu où tout est possible… on fait ce qu’on veut, on s’éclate. »
Vous vous en doutiez peut-être, l’idée n’est pas née à Brive. Et non, elle n’est pas « 100% BG ». La Trousse a donc cherché d’où c’est-y-qu’ça vient ? Apparemment ce serait un concept sociologique, développé par un certain Ray Oldenberg (en 1989) servant à décrire les modalités d’échanges de communautés informelles en milieu urbain, afin d’analyser leurs relations et interactions sociales. Ces lieux peuvent être physiques ou virtuels, publics ou privés, éphémères ou permanents. Car cette acception regroupe des initiatives aussi diverses et hétéroclites que des locaux espace de travail, forums numériques, cafés, bibliothèques, repair’café, disco soupe, cantines, jardins partagés. La liste n’est pas exhaustive, « pour un tel inventaire il faudrait un Prevert. »
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