Depuis 1988, le législateur a adopté un chapelet de mesures visant à assurer une plus grande transparence du financement des partis politiques. Ces derniers reçoivent une aide de l’État qui constitue désormais leur principal produit et dépend de leurs résultats aux élections législatives. Curieusement conflits et divorces deviennent la règle de cette élection.
Le but est du législateur était louable : éviter les subventions par les entreprises et limiter ainsi les conflits d’intérêt. Le financement public annuel est attribué en deux fois et selon deux critères distincts. La première fraction est calculée en fonction des résultats au premier tour des législatives. Peuvent y prétendre les groupements ou les partis politiques qui ont obtenu plus de 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions de l’hexagone. La deuxième fraction est fonction du nombre de députés siègeant effectivement à l’assemblée ou au sénat. Au total en 2017, c’est 63,1 millions d’euros d’aides publiques attribuées (PS : 24,8 milions ; LR : 18,6 ; FN : 5,1 ; PCF : 2,9 ; EELV : 2,8). L’effet immédiat a été la multiplication par quatre du nombre de candidats à la députation.
Les montants valent bien aussi quelques chamailleries politiquement et même si elles sont incompréhensibles pour les électeurs. « Le prix de la voix », selon les modalités décrites précédement, est d’environ 1,42€ 1 en 2017. Le non respect de la parité vient le diminuer d’un pourcentage des trois-quart de la différence homme-femme sur le nombre total de candidats présentés. C’est ainsi que Les Républicains, aux dernières législatives, n’ont eu, déduction faite de la pénalité de non-parité, que 0,90 € par voix. En tout état de cause, l’interêt des partis est évidement de présenter le plus grand nombre de candidats dans le plus grand nombre de circonscriptions. Effectivement : que faire d’idées sans pouvoir, donc sans argent ?
Dixit Politis : en 2012 le PCF n’avait accepté de soutenir Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle qu’à condition d’un accord aux législatives lui réservant 80% des circonscriptions en métropole. Cette année « l’avenir en commun » (titre du programme des Insoumis) n’a pas réussi à se mettre en oeuvre entre les formations qui l’ont théoriquement engendré. Il s’est écrit un nouveau refrain : « Levons nous et pour rien car l’incarnation de la politique ne serait pas pour demain ». Le PCF veut bien d’un avenir en commun mais s’il dirige. Localement, Combasteille et Audouin ayant compris la nécessité d’une évolution de la forme pour la révolution du fond, la cellule communiste a du, encore une fois, avoir recourt à son sympatique jocker, son Peponne local, déjà présenté aux Sénatoriales : Jean Mouzat.
Comme en 2012, tout était écrit de longue date, bien avant l’élection présidentielle. Le PCF avait consenti dans la douleur à suivre Mélenchon mais comptait bien reprendre sa place et tracer sa voie dès ce mauvais moment passé. Le score du présidentiable (19,58%) n’a rien changé à la stratégie. La nécessité faisant loi, chacun roule pour soi… C’est que localement, on comprend bien cela : il faut payer le local de Tulle et son permanent… Reste que s’il fallait faire le tour des désaccords politiques entre le mouvement des insoumis et les communistes locaux, nul doute que nous en trouverions suffisement pour consommer un divorce. Mais il ne s’agit pas de cela, quand le pays doit faire face à un raz-de marée de droite libérale, il est l’heure de se rassembler et pas de faire son lucky-luke en culotte rouge.
Surtout qu’il faut se rappeler que la dernière fois que les électeurs de Corrèze ont voté pour des gens de chez eux, c’était à l’occasion des Départementales, en mars 2015. La proposition de gauche en Corrèze y était généreuse. Elle rassemblait tous les partis de l’ancien Front De Gauche (parti communiste, parti de gauche, ensemble) et Europe Ecologie Les Verts et des citoyens non encartés. Comment donc l’électeur qui voudrait renouer avec la politique et qui ne suit pas au quotidien le Santa barbara du milieu peut-il comprendre qu’il doive maintenant impérativement choisir s’il est communiste, insoumis, vert solidaire ou vert libéral, ou encore citoyen de gauche ?
1 source : Politis
Philippe Van Assche



