
Alors, en marche les cocos ? En marche les insoumis ? « Entre 4000 et 5000 voix pour Jean Mouzat et 6000 à 7000 pour moi », m’avait annoncé Jean-Marc Vareille trois semaines avant le premier tour des législatives. Le pronostic s’est vérifié ! Prés de 10500 voix à tous les deux, à comparer avec les 16500 voix recueillies par Mélenchon le 23 avril dans la première circonscription du département.
L’âge n’y fait rien : à presque soixante ans, je suis toujours aussi naïf. Biberonné au plus que centenaire lait Guigoz et à Pif gadget livré à domicile avec l’Huma Dimanche (pas le lait), je garde à tout jamais en moi le sceau des origines ouvrières familiales, de l’histoire et de la culture politique qui s’y rattachent. Comprenons-nous bien : je ne parle pas de culte !
A l’heure où parait ce n°13 de la Trousse corrézienne, la résignation, cette attitude indéfinie et pernicieuse, a supplanté la colère. Dans cette première circonscription de la Corrèze comme ailleurs, des naïfs, je présume qu’il y en avait en nombre pour espérer que les partis du feu Front de gauche trouveraient un accord « raisonnable » et ne pas doublonner les candidatures. Que les candidats déclarés en Corrèze dépasseraient les intérêts mesquins que confère aux partis, si mal en point soient-ils, le système démocratique à la française pour, à défaut de s’entendre, entendre ces quelque 30400 électeurs corréziens qui avaient confié leurs voix au candidat de « la France insoumise » le 23 avril, sans qu’il fût question de porter celui-ci aux nues. Il eût été préférable que certains candidats déclarés fussent préalablement éclairés.
Mais non ! Ça ne marche pas ainsi. Un Jean Mouzat et un Jean-Marc Vareille dans la première circonscription corrézienne, une Selin Ersoy et un Philippe Tillet dans la seconde. Croix de bois, croix de fer, on a pourtant tout fait pour trouver un accord sur les candidatures. Mais côté PC, celles-ci n’étaient-elles pas décidées depuis au moins six mois ? D’autres expliqueront mieux que moi le mécanisme de financement de la vie démocratique qui conduit, pour un parti, à poser sur un plateau de la balance les chances, même ténues, du maintien d’un candidat au second tour, sur l’autre, le retour en monnaie sonnante et trébuchante escompté de la présence de candidats dans un maximum de circonscriptions. Calcul délétère dont l’électorat concerné fait amèrement les frais.
Informé de la tenue, à Tulle, d’une réunion avec Jean-Marc Vareille près d’un mois avant le premier tour, je me suis invité, pour voir, ou plutôt écouter, ignorant que je débarquais ce soir-là dans une réunion de l’équipe de campagne du candidat. On a répondu par l’énoncé de faits et par des arguments imparables à la stupéfaction que j’ai alors exprimée quant à l’absence d’accord. On m’a aussi fait comprendre qu’un tel accord pour une candidature commune n’était depuis longtemps plus d’actualité. « Et puis, me suis-je entendu rétorquer par la directrice de campagne de Jean-Marc Vareille, des élections, il y en a eu avant. Et il y en aura encore après celle-là ! » (Sic).
Et des électeurs, il y en avait aussi avant…
Didier Bertholy



