
Les épisodes 1 et 2 ont décrit les « success story » d’IBM, Microsoft et enfin Google. Aujourd’hui nous nous intéresserons au dernier né : Facebook et à sa fratrie Twitter, Instagram et consort.
Au début des années 2000 Microsoft et Google règnent sur l’empire numérique. Ils se regardent en chiens de faïence. C’est seulement en 2008 que Microsoft va lancer son propre moteur de recherches : Bing. Son succès sera pour le moins mitigé. Très occupés à se partager le gâteau il ne voient pas un troisième larron arriver.
En 2004 Mark Zuckerberg,étudiant à Harvard, crée Facebook. Au départ c’est juste un trombinoscope réservé aux étudiants de sa fac. Devant le succès rencontré il accroît le nombre de fonctionnalités, et élargit le champ d’action à d’autres facs.
A partir de fin 2006 tout un chacun peu ouvrir un compte Facebook. Le succès vient si vite qu’en 2012 lors de son introduction en bourse Facebook sera valorisé à 104 milliards de dollars.
Le coté « magique » de Facebook est que lorsque vous ouvrez un compte vous acceptez que tout ce que vous y posterez devienne sa propriété. Et ça marche ! En 2016 plus de 1 milliard de connections quotidiennes et 10,2 milliards de dollars de bénéfice pour un chiffre d’affaire de 27, milliards. Pas mal ! Alors n’hésitez pas faire cadeau de vos données, c’est pour le bien de la bourse !
D’autres suivront la voie de ce fameux Web 2.0 (voir encadré), avec des succès plus mitigés. Par exemple Twitter, partage de messages de moins de 140 caractères, ne compte que 300 millions d’utilisateurs actifs mensuels et affichait des pertes de plus de 450 millions de dollars en 2016. Instagram, partage de photos, se débrouille mieux et compte 600 millions d’utilisateurs mensuels.
Nous sommes arrivés au terme provisoire de cette histoire. Qui survivra ? Qui mourra ? Quel sera le prochain nouveau champion ? Bien malin qui pourrait le dire.
Ces trois épisodes ont dressé, à grands traits, l’histoire de l’informatique commerciale grand public. Il y a bien sûr des manques. Par exemple pas un mot sur Adobe ou Oracle énormes éditeurs de logiciels.
Un tout dernier billet sera consacré à un monde parallèle, celui du logiciel libre. Peut-être utilisez vous ces créations sans même le savoir.
« Encadré
Notre web : Un minitel 2.0
Mais que veut-il dire par là ? Bah une chose toute simple : notre très moderne internet fonctionne en fait comme si la structure de son réseau avait les mêmes limitations techniques que notre bon vieux Minitel.
Faisons bref et simple. Le réseau minitel était conçu ainsi. Des terminaux idiots se connectaient à des serveurs pour réserver un billet de train, consulter la météo, apprendre à cultiver les tomates, ou jouir des annonces coquines de 3615 ULLA. Des fonctionnalités étrangement semblables à celles de notre internet.
Or, la structure du réseau internet n’a rien à voir. Sur internet chaque machine connectée est vue comme égale à toutes les autres. Pour le réseau il n’y aucune différence entre votre PC et un serveur de chez Google.
Quelques rares applications ont pris en compte cette structure égalitaire. Par exemple Emule, Bittorrent et autres qui permettent le téléchargement de fichiers non plus à partir d’un serveur mais d’une multitude de PC. Le mien par exemple. Pendant que je télécharge la dernière version de Linux à partir de 20, 30 ou 100 PC, d’autres peuvent récupérer les fichiers que j’ai mis à disposition sur mon PC.
Las, la loi HADOPI pour le respect des droits d’auteurs a, si ce n’est formellement au moins de fait, interdit l’usage de ces applications. Elle ne sont pratiquement plus utilisées que marginalement dans le monde du logiciel libre.
Cette structure égalitaire fait qu’il est tout à fait possible d’avoir pour adresse mail quelque chose du genre moi@chezmoi et d’émettre et de recevoir vos courriels directement sur votre machine sans passer par des Google.com ou autres Laposte.net.
De même, d’un point de vue technique, rien n’interdit d’imaginer, un Facebook où vos données ne quitteraient pas votre machine et resteraient votre propriété. D’un point de vue financier, par contre une telle application ne pourrait jamais générer une capitalisation équivalente à Facebook.
Et si internet était un bel exemple des dévoiements d’un outil, à la base égalitaire, par la logique du capital ?
Brice




