
Nous vous l’avions annoncé dans le LTC n°10, la projection du film documentaire « À l’air libre » a eu lieu le 17 décembre 2016 au cinéma Le Carnot à Ussel. Des classes de seconde et première du lycée public Bernart de Ventadour, se sont déplacées accompagnées de leur professeur dans le cadre d’une sortie pédagogique. La plus grande salle, soit 350 places, a été mise à disposition par l’exploitant du cinéma.
Pourquoi ce choix de la part de l’équipe des enseignants ? Sur le sujet du milieu carcéral ? Pourquoi le choix d’un film sur le milieu carcéral de la part de l’équipe des enseignants ?
Dans le programme d’enseignement moral et civique (EMC) apparaît quatre dimensions de ce que doit être une culture morale et civique : la formation d’une conscience morale, la compréhension du rôle de la règle et du droit, l’exercice du jugement critique, le sens de l’engagement.
La prison est un lieu privatif de liberté géré par l’administration pénitentiaire, rattachée au ministère de la justice. Son rôle est entre autre de protéger la société contre des individus dangereux. Au delà de la privation de liberté, cela passe également par la mise en œuvre de leur réinsertion afin de prévenir le risque de récidive. La réinsertion est le moyen pour la société de se protéger.
Que suscite « À l’air libre » ?
Tout d’abord, voici le synopsis du film. Nichée au fond d’une vallée picarde, la ferme de Moyembrie accueille 18 détenus en fin de peine, sous le régime du placement extérieur. Une structure d’insertion singulière qui leur propose un logement, un travail, un accompagnement social et une vie communautaire riche et exigeante. Entourés de salariés et de bénévoles, ces hommes tentent de se reconstruire et de rebâtir un véritable « projet de vie ».
Tout y est pour développer le programme d’EMC tout en sensibilisant les jeunes sur le sujet de la prison.
Un thème qui évoque, aujourd’hui, du mépris ou de la peur. Un milieu décrit par les médias de façon marginale comme assez malsain et sombre.
À la fin de la projection, après un tonnerre d’applaudissement, une adhérente de Courrier de Bovet[1] est venue parler avec eux les élèves. Les premiers échanges ont été basés sur des chiffres. En France, en novembre 2016, le total de personnes sous écrous était de 78 914 dont 68 560 incarcérées, répartis dans environ 200 établissements selon l’OPALE (Observatoire de la privation de liberté et des sanctions et mesures appliquées dans la communauté). Seulement 20 % des personnes en détention bénéficient d’un aménagement de peine. En Corrèze, nous trouvons deux établissements pénitenciers. Une maison d’arrêt à Tulle et un centre de détention à Uzerche. La population incarcérée dans notre département est respectivement de 49 et 600 personnes. Stupéfaction de la salle à l’annonce de ces éléments, et particulièrement sur le total de détenus sur leur territoire. [Cette phrase était déjà en jaune]
Il a ensuite été question de la démarche spécifique qu’est la correspondance entre les bénévoles et les personnes incarcérée : apprendre à écouter la personne incarcérée, à l’accompagner pendant la durée de son emprisonnement. être ouvert à son histoire dans le respect de sa dignité, contribuer à lutter contre l’isolement et la solitude.
Des enseignants du lycée public Bernart Ventadour souhaitent organiser des interventions du CDB19 en comité réduit dans le courant de l’année. . Continuons !
Une intervention est aussi envisagée au lycée privé Notre dame de la Providence à Ussel nous laisse un grand espoir d’intervenir. Continuons encore !
Sevval, 18 ans « La justice sanctionne et les enferme, Mais il ne faut pas les laisser enfermer entre quatre murs, pendant des années, sans rien faire pour eux ».
Tom, 15 ans et demi « Il ne faut y aller ! ». [il faut y aller, les voir ?? ou ne pas y aller, en prison ?????????????????]
(1) Courrier de Bovet 19 : association de correspondance avec les détenus
Karine Bonel





