Rencontre avec les bénévoles du Samu Social de Brive. A l’occasion d’une des nombreuses maraudes effectuées par la Croix-Rouge, nous effleurons une réalité dont beaucoup parlent mais que peu connaissent.
Avec des lampes de poche, les bénévoles du Samu Social tentent de trouver un homme qui dort dehors. « Cela fait plusieurs années qu’il vit à la rue, plutôt dans les bois. Avec le temps, cela est devenu un choix. Il ne supporte pas les lieux clos ». Mais ce soir, ils ne le rencontreront pas. Scène ordinaire d’une maraude organisée par la Croix-Rouge de Brive. Au nombre de trois par semaine (deux en été), celles-ci sont précieuses pour les personnes sans domicile fixe. « On leur offre une soupe, un café. Des colis alimentaire leur sont donnés, ainsi que des vêtemnts, des sacs de couchage au besoin ». Si l’activation récente du niveau 2 du plan Grand Froid a permis d’ouvrir des places d’urgence supplémentaires, la réalité du terrain reste très rude pour les sans-abris. En effet, le niveau 2 du Plan Grand Froid a été levé dès que les températures se sont radoucies. Mais cette donnée très arbitraire se heurte aux conditions réelles de celles et ceux qui n’ont d’autres choix de s’en remettre aux actions du Samu Social. S’il est vrai qu’un travail de terrain se fait entre les médiateurs de rue, le 115 et les associations de solidarité, les manques sont criants. Les places d’herbegements ne sont pas assez nombreuses, et elles sont conditionnées à certaines régles qui de fait exclus certaines personnes. Il est impossible d’être hébergé quand on vit à la rue avec un chien. Et quand on peut l’être, le petit matin est synonyme de retour à la case départ. Reste alors l’accueil de jour et l’espoir de pouvoir retrouver un toit pour la nuit suivante.
Car loin des intentions énoncées régulièrement par les pouvoirs publics, les décisions politiques rendent de plus en plus difficile le quotidien des SDF et les espoirs d’une sortie pérenne de la pauvreté. Les arrêtés anti-mendicité pris à Brive ne sont pas que de l’affichage : ils ont pour objectif de pointer du doigt des populations déjà extrêment stigamtisées, de les éloigner du centre urbain et de fait des les cantonner à un rôle de paria. Alors la main tendue par les bénévoles du Samu Social, n’est peut-être pas révolutionnaire mais hautement utile. La rue, et encore plus le fait d’y rester des mois et des années, est rarement un choix. Elle constitue la dernière étape d’un parcours de déclassement social qui arrive vite, trop vite. « J’ai été mis à la porte de mon foyer il y a quatre jours. J’espère que cela ne va pas trop durer. En attendant de retouver du travail, j’ai pas de solutions. Donc c’est dormir dehors ». Pour ce jeune homme rencontré lors d’une maraude, cette expérience brutale peut rester brève. Mais le retour à un hébergement stable est de plus en plus difficile à mesure que la vie de la rue s’éternise.
« Nous assitons à une évolution de la population que nous aidons. De plus en plus de jeunes, des couples parfois. Des personnes travaillant mais n’ayant pas les moyens d’avoir un logement ». Le constat de Marie-Françoise Martin, responsable départemental du Samu Social est sans appel : la précarité augment, et de nouvelles formes de pauvreté apparaissent. Alors en cette année de jeu électoral où les candidats n’arrêtent pas de promettre monts et merveilles, n’oublions pas que la pauveté se combat au jour le jour, en dehors des grandes diatribes enflammées et des beaux discours.
Contact :
Croix-Rouge Française
Délégation Départementale, 1 boulevard Anatole France 19100 Brive La Gaillarde
05 55 74 44 11
Dersou Ouzala




