Dans mes esgourdes vieillissantes, à qui « on l’a fait pas », il y a Angus et Julia Stone qui font traîner leurs voix sibyllines comme deux planeurs fantômes . J’ai l’émotion qui vibrionne et il ne m’en faudrait pas beaucoup plus pour pleurer… C’est là ; dans cet instant – entre deux vides cotonneux – que je décide d’allumer la boite qui prend la tête : mon ordinateur !
Dans la bleutée artificielle du monstre Microsofté1, se dessine l’imaginaire bureau sans meuble mais qui meuble régulièrement mes journées de maquettiste sans profession fixe. Vendu a Bill Gate, mon âme revêche cliquette sur son rongeur – encore à fil – sur le symbole sclérosé du Renard en feu2… Youpii ! (le mal-nommé vous l’aurez compris) et son monde merveilleux me présente alors la photographie globale d’un globe globuleux et globalement pas emballant, qui galope de faits divers sordides en faits douteux glaçants… La vision graveleuse et grave d’un monde garrotté ; de gore en gore encore ; des corps parfois ; les cors claironnant en chœur le vide des vivants…
Au milieu du fatras se trouve parfois une déformation de l’inutile ou comment bien réaliser ses couettes quand on est chauve et manchot ? Je retourne alors – généralement – à mes contemplations langoureuses et parfois lascives mais toujours actives.
En ce jour de lacrymales en post-formation musicale, il n’était pas nécessaire que je m’attarde sur ce salmigondis fascisant qu’est « l’info » de masse ; fiente bêtifiante et lénifiante. Accompagnés de commentaires plus affligeants les uns que les autres. Racistes, fascistes, haineux, stupides… L’argumentation en giga-petite-bit !
Je m’évite une panne de pacemaker, et décide de rendre au noir et au vide la pensée du rien. Mais là-bas, au loin, coincées dans le gras du défilé informatif vomitif, se dressent les lettres qui s’associent si mal : Un k et un y ! Comme tout être sensitif, je perçois les prémices des emmerdes ; le torrent de larmes. Ces deux lettres ne s’associent guère plus qu’avec un seul mot. J’en cherche d’autre pourtant, j’en trouve un même, qui ne présage rien de bon : kyste !
Et je clique sur le « mulot » du bouffeur de pommes. je vois le titre. Je le sais depuis longtemps. Je ne retiens pas mes larmes (c’est la faute d’Angus et Julia Stone aussi!). C’est officiel : Comme un kyste mal soigné, Sarkosy revient !… Du coup je monte le son, j’envoie Rickie Lee Jones et je vais me coucher… Je m’endors et je rêve :
« Le vote n’existe plus… Les gens sont tirés au sort… L’empathie règne… Le « Burkini » n’est pas un problème… Les femmes sont libres… Les hommes sont finalement des femmes… Ils étaient juste habillés, depuis tout ce temps, par l’oncle de Rahan… Sarkosy est en fait avant-centre dans l’équipe de foot de Villeneuve-d’Ascq… Il vient de se péter le genou et il morfle le con… »
Allez, juste continuez à dormir…
1 – Je cherche toujours un formateur Scribus (gentil, pas cher, empathique et plutôt féminin) pour enfin réaliser ce « putain » de journal sans avoir besoin de Indesign et son drame associé : Windows !
2 – Mozilla Firefox et Internet Explorer sont dans un bateau, alors ? Firefox se barre avec la galette…
Pluton 427



