
Je ne sais pas où tu habites, quant à moi, c’est le causse de Gramat. Si tu savais comme j’y suis bien ! Il est tellement beau en toutes les saisons. En ce moment, il fait encore très chaud. Parfois, j’y croise des écrevisses… Non, je ne délire pas, je n’ai pas non plus forcé sur la prune ! Elles ont un drôle d’accent ,enfin pas celui du causse et sont de couleur rouge vif. Rencontrer des touristes avec un coup de soleil me ramène au passé. Avec mes frères, sœurs, cousines et cousins, nous passions les vacances d’été dans les Landes chez Mémé Jeanne. Quand nous avions bien couru à travers champs, bois et prés, que nos peaux de petits citadins commençaient à rosir, Mémé préparait une purée avec une pomme de terre, un verre de lait, une cuillerée à café de farine, elle cuisait le tout dans une casserole, elle écrasait, elle obtenait une pommade épaisse et quand sa mixture avait refroidi, elle l’appliquait sur les rougeurs avec des gestes doux, pleins de tendresse qui démentaient les mots qu’elle prononçait pour nous gronder d’avoir été imprudents. La promenade m’a vivifiée, mais, il faut que je rentre
à la maison pour mettre la machine à laver en route. La lessive, je la fabrique, elle ne me coûte pas cher : un litre d’eau chaude dans lequel je délaie une cuillerée à soupe de savon noir mou, je rajoute une cuillerée à café de bicarbonate de soude. J’agite le flacon, un ancien bidon de lessive du commerce, et hop le tour est joué. Je mets trois bouchons de lessive, environ 75 cl ( d’eau ?). Si je vois une tache grasse sur un vêtement avant de mettre dans la panière de linge sale, je passe dessus avec le doigt humide un peu de savon mou. J’achète le bicarbonate par 25 kg et le savon noir mou par 5 kg en jardinerie, le premier au rayon poulailler et le second au rayon jardinage ou peinture, c’est plus économique. Je vais chez un petit commerçant indépendant, il y en a encore un là où j’habite, il n’est pas plus cher qu’un magasin en franchise ou les jardineries de grandes surfaces. Je ne sais pas si cela va durer, mais j’espère que nous sommes encore nombreux à faire nos courses autrement que chez « super » et « hyper », pour conserver la vie de nos villages.




