
Arrivé sur le devant de la scène du roman géopolitique noir et désabusé avec l’oeuvre magistrale que constituait « Citoyens Clandestins », DOA publie aujourd’hui le premier tome de Pukhtu (Primo, le Secundo paraîtra en octobre). Nous plongeons en 2008 dans les zones tribales de la frontière afghano-pakistanaise, où se côtoient armée américaine, mercenaires privés, talibans, civils, journalistes… Au coeur de cette guerre sanglante, il n’y a pas de démarcation entre les forces du bien et du mal. Seulement des hommes et des femmes plongés dans le chaos, manipulant et manipulés pour défendre leur honneur et des causes qui leur semblent justes. Dans ces guerres modernes où les tueries s’effectuent par drones à des milliers de kilomètres de distance et où les bombes explosent dans les quartiers populaires de Kaboul, l’effet miroir de notre monde en déliquescence saute aux yeux. Les personnages du livre sont bruts, sans fard, laissant peu de place à un avenir meilleur. Un regard désabusé, sensible, mais très juste sur les ravages du capitalisme guerrier.
Dersou Ouzala



